Anguille : la Commission européenne cède à son démon de l’interdiction !

Anguille : la Commission européenne cède à son démon de l’interdiction !

 

A deux semaines du Conseil des Ministres décidant des possibilités de pêche pour l’année 2019, la Commission européenne, par l’intermédiaire d’une note sur l’anguille, revient à la charge sur ce dossier sensible et difficile en stigmatisant les pêcheurs estuariens et fluviaux.

Dans son projet de règlement qui sera débattu les 17 et 18 décembre, la Commission européenne propose d’étendre à la civelle et aux pêcheurs fluviaux la fermeture actuellement prévue aux autres stades de développement de l’anguille (3 mois consécutifs sur la période du 1er septembre au 31 janvier).

Ces propositions sont une contradiction majeure. Le plan français de gestion de l’anguille, validé par la Commission européenne, fixait un objectif de réduction de plus de 60% de la mortalité par pêche ainsi qu’une action sur le repeuplement de cette espèce. Non seulement les professionnels français ont atteint cet objectif, mais ils sont par ailleurs devenus le maillon incontournable du repeuplement et des relâchés d’anguilles.

Les différents acteurs de la protection de l’anguille sont aussi unanimes pour reconnaitre une responsabilité partagée et des facteurs de mortalité multiples : turbine hydroélectrique, barrage, station de pompage, pollution, espèces invasives, artificialisation et chenalisation des cours d’eau, perte d’habitats, maladies et parasites, réduction des zones humides, braconnage, prédation, réchauffement climatique, etc. La liste est longue. Il est aujourd’hui urgent d’agir sur les autres facteurs de mortalité. La Commission doit maintenant expliquer comment elle compte s’y prendre pour mettre en œuvre la réduction des facteurs de mortalité hors pêche à la hauteur des engagements pris.

Quelles sont les raisons qui la poussent à ignorer les efforts fournis par la pêche professionnelle française et imposer en méconnaissance du dossier de nouvelles fermetures ? S’agit-il d’une énième stratégie de fixation de l’attention des Etats membres afin de mieux faire passer des mesures drastiques sur certains stocks lors de la négociation des TAC et Quotas de décembre ? S’agit-il d’une volonté de diviser la profession française en opposant les pêcheurs entre eux ?

Il est important que la Commission respecte les méthodes qu’elle a elle-même mises en place, notamment l’évaluation du règlement anguille et des plans de gestion en cours. La profession demande aussi qu’un bilan des moyens mis en œuvre pour réduire chaque facteur de mortalité dans les Etat membres concernés soit réalisé.

Il est urgent, dans le contexte politique et à l’aube des élections européennes, que la Commission européenne comprenne qu’en agitant son chiffon rouge à tort, il en va de la crédibilité même des politiques européennes.

Enfin, un même sentiment d’exaspération, provoquée par la proposition d’encadrement sur l’anguille est partagé par les professionnels français sur d’autres espèces, notamment les raies, pour lesquelles les propositions ne tiennent pas compte des efforts réalisés par la profession depuis plusieurs années.

 

Paris, le 4 décembre 2018

Contacts :
  – CNPMEM : Hubert Carré 06 80 60 37 62
– CONAPPED : Philippe Boisneau 06 11 29 11 64

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Publié le 04 décembre 2018