BAR : coup de barre pour les pêcheurs français !

Suite aux avis scientifiques du CIEM de 2014, la Commission européenne a adopté tout au long du premier semestre de l’année 2015 des mesures d’urgence pour protéger le stock de bar dans la zone dite “nord”.

Suite à des propositions de la Commission européenne, le règlement sur les possibilités de pêche pour l’année 2015 a récemment été modifié pour intégrer des limitations mensuelles de capture de bar par métier pour l’année 2015, dont l’objectif est de diminuer les captures de cette espèce en Mer d’Irlande, Manche et en Mer du Nord (zone dite « Nord »). Depuis le 23 juin 2015, dans la zone « nord », les navires de l’Union ont pour interdiction de pêcher, de détenir à bord, de transférer, de transborder ou de débarquer des quantités de bar excédant les limites suivantes :
–    1,8 tonne pour les chalutiers de fond et senneurs danois,
–    1,5 tonne pour les chalutiers pélagiques,
–    1,3 tonne pour les ligneurs, 1 tonne pour les fileyeurs,
–    3 tonnes pour les bolincheurs.

Cette modification fait déjà suite à la mesure d’urgence de la Commission européenne ayant conduit à l’interdiction de la pêche du bar au moyen du chalut pélagique entre fin janvier et fin avril 2015.

La Commission européenne a également proposée d’augmenter à 42 cm la taille minimale de capture du bar pour le stock de cette zone et le stock du golfe de Gascogne. Le 2 juillet 2015, les 28 États membres de l’Union européenne ont adopté cette proposition pour la zone nord. Cette augmentation est valable pour les pêcheries commerciales et récréatives. Contrairement à la proposition initiale, les Etats membres n’ont pas souhaité modifier la taille minimale du bar pour le golfe de Gascogne. Ils ont en effet souligné le manque de données robustes pour ce stock.
1. Quant aux limitations individuelles de capture

Au titre de remarque préliminaire, le CNPMEM, rappelle son soutien depuis 2012 à une mise sous gestion du bar par un système de TAC et Quotas, néanmoins refusée jusqu’à cette année par les autres Etats membres.
Le CNPMEM rappelle que les chalutiers pélagiques ont déjà subi des pertes de chiffre d’affaire en début d’année, suite à l’interdiction de pêche imposée entre les mois de janvier et avril 2015.

Le CNPMEM estime que ces mesures impacteront fortement les pêcheries concernées, de l’ordre de 15% à 20% de perte du chiffre d’affaires pour les ligneurs et les fileyeurs de la zone dite « Nord » et de 15% à 40% de perte pour les chalutiers de fond.

Il est par ailleurs important de considérer que le bar est l’une des principales espèces ciblées par les plus petites unités de pêche.

D’un point de vue biologique, les mesures actuellement mises en oeuvre génèreront inévitablement à court terme de forts taux de rejets contraires aux bénéfices attendus de ces mesures.

 

2. Quant à la proposition de l’augmentation de la taille minimale

Les 28 États membres de l’Union européenne ont adopté la proposition de la Commission européenne de porter à 42 cm la taille minimum de capture du bar sur l’ensemble de l’Atlantique Nord-Ouest.

Pour cette zone cette mesure va générer d’importants rejets, notamment pour les pêcheries qui se trouvent dans l’incapacité règlementaire d’augmenter le maillage des filets déjà limités par le plan de gestion pour le cabillaud en Manche Est et Mer du Nord.

Le CNPMEM proposait d’introduire de la progressivité pour les professionnels français en souhaitant de limiter l’augmentation de la taille minimale de capture à 40 cm dans un premier temps.

Enfin, les professionnels français souhaitent que les mesures de gestion appliquées en 2015 soient réévaluées en fonction des nouveaux avis scientifiques du CIEM qui seront publiés courant le mois de juin 2015.

 

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Publié le 03 juillet 2015