Droit de réponse du CNPMEM – Choisir la vérité et non le mensonge !

CHOISIR LA VERITE ET NON LE MENSONGE !

LE COMITE NATIONAL DES PECHES MARITIMES ET DES ELEVAGES MARINS REPOND A L’ENQUETE UFC QUE CHOISIR

 

Le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM) entend apporter des informations justes et factuelles au consommateur, afin de l’éclairer dans sa consommation. En effet, l’enquête UFC Que Choisir datée du 17 décembre 2018 sur « la « durabilité des méthodes et des zones de pêche pour le cabillaud, la sole et le bar : la grande distribution fait l’impasse sur la protection des ressources marines », contient des informations erronées voire mensongères qui exigent un rétablissement de la vérité.

Cette étude relève d’une évidente volonté de nuire, le jour même où l’avenir de centaines d’entreprises de pêche se joue, à l’occasion du Conseil des ministres européens fixant les TACS et QUOTAS pour l’année 2019.

Cette étude contient des affirmations n’ayant fait l’objet d’aucune vérification, ni auprès d’instances officielles tels que le Ministère de l’Agriculture en charge de la pêche, l’IFREMER, ni même auprès du CNPMEM et de ses composantes telles les fédérations d’OP. Enfin, cette étude ne cite à aucun moment l’échange du jeudi 13 décembre avec FranceAgriMer.

Voici les éléments sur lesquels nous souhaiterions revenir :

  • Il est faux d’affirmer que les 86 % des poissons proposés dans les magasins enquêtés ne seraient pas durables et d’extrapoler qu’à partir de 33 % d’étiquettes exploitables concernant 3 espèces, 86 % des étals de GMS seraient non-durables ; en effet, les connaissances scientifiques objectives (état des stocks définis par le CIEM) reposent sur 55 espèces différentes[1] et non sur trois espèces qui ne représentent qu’une fraction minoritaire de la consommation (28% des volumes de poissons frais sauvages consommés en France issus de la pêche[2])
  • Il est faux de classer les engins de pêche selon quatre catégories de durabilité (méthodes tout à fait durables, méthodes assez durables, méthodes peu durables, méthodes pas du tout durables) ; en effet, la durabilité des méthodes de pêche tient compte de l’espèce ciblée et de la zone de pêche. Ainsi, le stock de sole en mer Celtique et Sud Irlande est exploité à un niveau durable selon le CIEM malgré des débarquements à 100 % issus du chalut[3].
  • Il est faux de discriminer le chalut comme un engin très peu sélectif qui capturerait des poissons de trop petite taille, ainsi qu’un grand nombre d’espèces non ciblées ; en effet, on observe de fortes différences en fonction des espèces ciblées et des dispositifs de sélectivité associés. Ainsi, pour la pêche au chalut de petits pélagiques dans le golfe de Gascogne, la part des poissons de trop petites tailles ou les espèces non ciblées représente moins de 10 % des captures[4].
  • Il est faux d’affirmer que les quotas seraient encore trop élevés et d’affirmer que les scientifiques continuent à recommander de très fortes réductions des prises ; en effet, les scientifiques, tenant compte des efforts accomplis, proposent des augmentations de quotas en 2019[5] :
  • + 9 % pour l’églefin en mer d’Irlande,
  • + 18 % pour le lieu noir en Ouest Ecosse, mer du Nord et Skagerrak/Kattegat,
  • + 23 % pour le merlu en mer du Nord, mers Celtiques, et golfe de Gascogne.
  • Il est faux d’affirmer que la réglementation ne prévoit aucune information sur les périodes de l’année (notamment les périodes de reproduction) pendant lesquelles on ne devrait pas consommer les poissons dont les stocks seraient menacés ; en effet, les poissons peuvent être pêchés pendant les périodes de reproduction si le stock n’est pas menacé car pêcher avant ou pendant la reproduction a le même impact sur le potentiel reproductif du stock. Et pêcher après la période de reproduction de l’année en cours revient à pêcher avant la période de reproduction de l’année suivante[6].
  • Il est faux d’affirmer que sur les quelques 120 000 T de poisson frais qu’achètent chaque année les consommateurs français, 105 000 T sont issues de la pêche, soit 87% ; en effet, sur 34 kg de produits de la mer consommés par an et par habitant (poisson frais, surgelé, transformé), 58 % sont des poissons issus de la pêche[7].

Depuis quinze ans, grâce aux campagnes scientifiques menées, grâce aux efforts de sélectivité engagés et toutes les initiatives en faveur de la durabilité, il convient de constater que les pêcheurs français accompagnés par la filière ont su répondre aux objectifs de la Politique Commune de la Pêche. Ainsi au niveau européen, les stocks sont exploités à des niveaux correspondant aux rendements maximaux durables (RMD). Ils sont au nombre de 53 (soit 69% des stocks évalués), contre seulement 5 en 2009 et 44 en 2017. La pression exercée par la pêche sur les stocks est donc désormais limitée à un niveau qui permet de garantir sur de bonnes bases leur renouvellement, tout en tenant compte des facteurs socio-économiques.

 

Contact :
Hubert Carré, Directeur Général du CNPMEM
Tel : 06 80 60 37 62
Courriel : dg@comite-peches.fr

A propos du CNPMEM :
Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) est un organisme professionnel de droit privé chargé de missions de service public. Regroupant l’ensemble des professions du secteur de la pêche et des élevages marins, il représente et assure la défense des intérêts généraux des pêcheurs auprès des pouvoirs publics nationaux et communautaires. Il participe à la gestion des ressources halieutiques dans le cadre d’une pêche responsable et d’un développement durable. Le CNPMEM est l’échelon national de l’organisation professionnelle des pêches et des élevages marins qui comporte également des comités régionaux (12) et départementaux ou interdépartementaux (13) installés le long du littoral métropolitain et domiens. Les comités sont tous autonomes et indépendants.

www.comite-peches.fr

[1] D’après CIEM, http://ices.dk/community/advisory-process/Pages/Latest-Advice.aspx
[2] D’après FranceAgriMer, Chiffres-clés : les filières pêche et aquaculture en France, 2018 http://www.franceagrimer.fr/content/download/56563/547778/file/CC_peche_%202018_%20FR.pdf
[3] ICES Advice on fishing opportunities, catch, and effort Celtic Seas and Oceanic Northeast Atlantic ecoregions Published 29 June 2018 sol.27.7h-k, http://ices.dk/community/advisory-process/Pages/Latest-Advice.aspx
[4] Cornou Anne Sophie, Goascoz Nicolas, Scavinner Marion, Prioul Francois, Sabbio Andrea, Dubroca Laurent, Renaud Florent, Rochet Marie-Joelle (2018). Captures et rejets des métiers de pêche français. Résultats des observations à bord des navires de pêche professionnelle en 2017. Obsmer. https://archimer.ifremer.fr/doc/00461/57314/

[5] D’après CIEM https://www.ices.dk/community/advisory-process/Pages/Latest-Advice.aspx
[6] D’après IFREMER, 2013, « La pêche en période de reproduction est-elle compatible avec une pêche durable ? »  https://wwz.ifremer.fr/peche/FAQ/FAQ/La-peche-en-periode-de-reproduction-est-elle-compatible-avec-une-peche-durable
[7] D’après FranceAgriMer, « Chiffres-clés : les filières pêche et aquaculture en France, 2018 » http://www.franceagrimer.fr/content/download/56563/547778/file/CC_peche_%202018_%20FR.pdf

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Publié le 18 décembre 2018