ICCAT 2016 : Des résultats mitigés pour les pêches françaises

Après 8 jours de réunion, la 20ème réunion spéciale de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (CICTA ou ICCAT en anglais) se clôture aujourd’hui à Vilamoura, Portugal, sur l’adoption de plusieurs recommandations impactant plusieurs flottilles françaises.

Germon de l’Atlantique : après une évaluation cette année montrant que le stock se porte bien, il a été décidé de reconduire les possibilités de pêche actuelles de 28 000 tonnes pour 2 ans et de prévoir une augmentation en 2019 à 30 000 tonnes. Il est aussi prévu l’application de règles de gestion en 2017 qui pourrait aussi affecter les possibilités de pêche en 2018 et les années suivantes. Les pêcheurs français prennent acte de cette décision même si une augmentation du quota dès 2017 avait été demandée.

Thons tropicaux : il a été décidé de reconduire le groupe de travail sur les dispositifs de concentration de poissons et son mandat a été renforcé afin d’obtenir dans les meilleurs délais un avis du SCRS sur les mesures de gestion des DCP.
La recommandation encadrant les pêches de thon obèse, albacore et listao, adoptée en 2015, a été modifiée afin d’intégrer les premières préconisations du groupe de travail sur les DCP ainsi que celles du SCRS (portant sur le taux de couverture par les observateurs embarqués sur les pêcheries tropicales et sur une politique d’interdiction des rejets de thons tropicaux ciblés). Les modifications apportées vont dans le bon sens, même si Yvon Riva, président d’ORTHONGEL, regrette que certains pays membres de l’ICCAT n’ont pas voulu s’engager pour augmenter à 20% le taux de couverture par des observateurs sur les pêcheries tropicales tant qu’il existe encore des pays qui ne respecte pas le taux minimal de 5%.  Pour information, la flottille française de senneurs tropicaux a une couverture de 100% d’observateurs.

La dernière espèce qui a occupé une partie des débats cette année est l’espadon de Méditerranée. Une recommandation a été adoptée. Elle introduit de nouvelles mesures de gestion avec notamment la mise en place d’une limite de capture de 10 500 tonnes en 2017 pour ensuite définir un quota avec une répartition par pays pour 2018 et les années suivantes. Il faut aussi noter une augmentation de la taille minimale de débarquement, de 90 cm à 100 cm de longueur maxillaire inférieure-fourche (LJFL). Des mesures sont aussi prises pour la pêche sportive et récréative. Les pêcheurs français sont assez inquiets de la mise en place d’un nouveau quota en Méditerranée. De plus, lors de la réunion entre les parties prenantes et la Commission européenne, Gérard Romiti, président du CNPMEM, a interpellé Joao Machado, directeur de la DG Mare, sur les incertitudes de l’évaluation du stock et le besoin d’améliorer la connaissance sur ce stock. La Commission européenne a alors informé le déblocage d’un budget de 500 000 € dédié à la recherche en Méditerranée.

A noter que sur les requins, une recommandation encadrant les pêches du requins peau bleue a été adoptée visant à instaurer un seuil de déclenchement pour la mise en place de mesures additionnelles. Par contre, le projet de recommandation sur l’interdiction du finning n’a toujours pas été adoptée alors que trente pays appuient cette mesure !

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Publié le 21 novembre 2016