En 2048, il n’y aura plus de poisson dans les océans

Faux

En 2048, plus de poisson ? Et en l’an 2000, la fin du monde  ?

Il faut se méfier de certaines interprétations tirées de publications scientifiques, certains n’en retiennent que l’aspect spectaculaire, pour mieux servir leurs intérêts.

Ainsi, la date 2048 provient d’une publication de Boris Worm parue en 2006, dans la revue scientifique reconnue, Science. Boris Worm et son équipe y abordaient l’impact de la perte de biodiversité sur les services écosystémiques des océans.

De toute la publication, c’est un graphique, illustrant l’effondrement des stocks commerciaux en 2048 si on se basait sur les tendances actuelles de l’accélération de la perte de biodiversité, qui a retenu l’attention de certains journalistes. Ils n’ont pas mis en perspective ce graphique par rapport au reste de l’étude et en ont fait un résumé simpliste : « en 2048, il n’y aura plus de poisson ».

En raison de cette envolée médiatique fausse, Boris Worm a souhaité que son nom soit supprimé des communiqués de presse.

Depuis d’autres études scientifiques ont remis en cause la prédiction.

Le chercheur Niels Daan, de l’institut gouvernemental de recherche halieutique néerlandais (Netherlands Institute for Fisheries Research) et son équipe, en 2011, expliquent notamment qu’utiliser les données de capture des pêcheries pour évaluer la biomasse d’un stock n’est pas parole d’évangile. En effet, il est possible que, d’une année à l’autre, les pêcheurs aient capturé moins de poisson car leur quota a diminué, que le nombre de licences a été réduit ou encore qu’une forte pollution a contraint les poissons à migrer.

Ce n’est donc pas en utilisant le volume de poisson pêché qu’on aura une indication exacte de la quantité de poisson dans l’eau.

Ray Hilborn, de l’Université de Washington (School of Aquatic and Fishery Sciences), a fondé le groupe de travail « Finding Common Ground in Marine Conservation and Management » (trouver les bases communes de la conservation et de la gestion des mers), avec Boris Worm. Ce groupe scientifique étudie comment il est possible de faire cohabiter et converger les objectifs a priori divergents du monde de l’écologie marine, de l’halieutique et de la gestion des pêches.

Au cours d’une présentation filmée en mai 2014, Ray Hilborn passe en revue et analyse les différentes théories alarmistes portant sur l’état des stocks de poisson au niveau mondial et rétablit certaines vérités.

Soyez rassurés, les stocks de poisson ne seront pas tous effondrés en 2048…

Pour visionner l’exposé de Ray Hilborn (en anglais) : http://fisherynation.com/archives/26456

Mis à jour le 7 janvier 2015