Peut-on pêcher durablement du poisson en période de reproduction ?

Vrai

Cette question se pose régulièrement au gré de la médiatisation de la pêche de certaines espèces comme le bar, le thon rouge, l’anguille. Si cette question revient c’est que la plupart d’entre nous avons une vision et des références « terrestres » de la fonction de reproduction. Hors, les poissons ne se reproduisent pas comme la plupart des animaux de notre quotidien. Il n’y a pas de période de gestation et n’y a pas de comportement de soin ni de protection des juvéniles.

Les scientifiques expliquent, par contre, que pour assurer le renouvellement d’une population de poissons, plusieurs conditions sont nécessaires :

  • une quantité minimale de reproducteurs présente au moment de la reproduction,
  • la fécondation effective des œufs,
  • la survie suffisante des œufs et des larves.

Pour la plupart des espèces de poissons, les stratégies développées pour maximiser ces critères sont le regroupement en un lieu précis et à une saison particulière, mais aussi par une production de gamètes très importantes par individu. En effet, le développement des œufs et larves est fortement assujetti aux conditions environnementales (hydro-climatiques et trophiques). Ainsi, le nombre de jeunes poissons qui rejoindront la pêcherie est-il moins dépendant du nombre d’œufs émis que des conditions météorologiques ou océanographiques (température, salinité, vent, courant) et de la disponibilité en nourriture (qui diminue quand le nombre de larves augmente) au moment de la reproduction et du développement des larves.

Le maintien de la capacité reproductrice d’une population est indispensable à son renouvellement. L’exploitation d’un stock de poissons doit donc à la fois laisser un nombre suffisant de juvéniles atteindre la maturité sexuelle et préserver une contribution substantielle des vieilles femelles à la reproduction. La pêche au moment de la période de reproduction est possible, à condition que les prélèvements demeurent compatibles avec le maintien d’une quantité suffisante de reproducteurs. Et c’est justement l’un des indicateurs évalués et suivis par les scientifiques pour émettre leurs recommandations de gestion sur les stocks de poissons.

Le repos biologique n’est pas l’unique outil à la bonne gestion d’un stock mais il doit s’appréhender dans un contexte plus large de la gestion d’un stock.

En conséquence, un stock peut être paradoxalement exploité de manière viable même si une partie en est prélevée au moment de la reproduction.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page d’Ifremer dédiée à ce sujet et sur lequel cet article s’appuie.

Mis à jour le 16 février 2018