L’aquaculture, indispensable et responsable

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Près de la moitié des produits aquatiques vient de l’aquaculture.

Sur les 167 millions de tonnes de production mondiale totale, pêche et aquaculture confondues, l’aquaculture dans son ensemble en fournit près de la moitié (44%), les poissons d’aquaculture en représentent 30% et la partie pêchée et destinée à un usage autre que l’alimentation humaine directe (pour l’alimentation animale, essentiellement la pêche dite minotière) en représente 12% (20 millions de tonnes). La Chine représente plus de 60% de l’aquaculture mondiale et l’ensemble de l’Asie près de 90%. La Norvège détient la plus grosse aquaculture de poisson basée sur des technologies récentes, avec près d’1 million de tonnes de saumons par an. La Grèce et la Turquie totalisent 70% de la production des 330 000 tonnes de bar et de daurades qui sont quasiment exclusivement élevées en Méditerranée.

Les pêches mondiales plafonnent à environ 90 millions de tonnes/an depuis le début des années 1990, ce qui semble donc représenter actuellement la limite de productivité par capture dans les océans. Ainsi l’augmentation de la production aquatique qui permettra de satisfaire l’accroissement de la demande mondiale devra être assurée par l’aquaculture.

L’aquaculture de l’Union européenne est principalement concentrée sur quatre espèces : les moules (39 % du volume total), la truite (15 %), le saumon (14 %) et les huîtres (8 %), avec des espèces en augmentation telles que le bar et la daurade. La France tire un tiers de sa production aquatique de son aquaculture coquillages inclus (essentiellement moules et huîtres), et deux tiers de sa pêche.

Cependant, il faut savoir que cette production est loin de couvrir l’alimentation en produits aquatiques, essentiellement issus de la mer, des Européens qui importent 68% de ce qu’ils consomment. Ce déficit est même accentué en France.

 

Une production aquacole française qui ne progresse que timidement depuis 10 ans.

–    En France, en 2015, on élève, sur plus de 500 sites, environ 37 000 tonnes de truites (3ème producteur européen de cette espèce).
–    8 000 tonnes de poisson (50% de carpes et 25% de gardons) sont élevés dans 112 000 ha d’étangs.
–    Le caviar est la seule production en augmentation en France qui, avec plus de 20 tonnes/an, se place parmi les premiers producteurs mondiaux de ce produit quasiment exclusivement issu de l’élevage du fait de la disparition mondiale des grands esturgeons sauvages.
–    Par ordre décroissant, le bar, la daurade, le maigre, le turbot, le saumon et la sole, constituent les 4 000 tonnes de poissons marins élevés. Cette production de poissons marins est faible comparée aux 330 000 tonnes de bars et daurades méditerranéennes.
–    Pour autant, le savoir-faire technique des producteurs français est reconnu puisqu’ils exportent plus de 50% de leur production d’œufs de truite et 90% de leur production d’alevins de poissons marins.

En résumé, en ne considérant que la production mondiale destinée à l’alimentation humaine, l’aquaculture fournit plus de 50% des produits aquatiques consommés, la demande européenne dépasse largement sa production interne et l’aquaculture française de poissons est généralement artisanale et familiale, mais sa qualité est reconnue.

 

Favoriser l’autonomie alimentaire et l’économie de production aquacole dans l’U.E.

Afin de réduire ses importations de produits aquatiques et afin d’aider au développement de cette économie tandis que les producteurs témoignent d’une stagnation et de difficultés, notamment administratives, récurrentes, la Commission européenne affiche actuellement une volonté d’encourager la simplification des procédures administratives et la réduction du délai d’autorisation d’exploiter pour les fermes aquacoles, la planification coordonnée de l’espace pour surmonter les problèmes que pose le manque de place, le renforcement de la compétitivité de l’aquaculture de l’Union européenne et la promotion de conditions de concurrence égales. Ces différents points de blocages sont donc bien identifiés et partagés par tous les acteurs de la filière.

 

Quelques informations face à certaines idées reçues :

L’aquaculture et l’environnement :

Le pisciculteur est à la fois acteur et sentinelle. Il doit veiller en permanence sur la qualité du milieu. En effet le poisson nécessite une eau et un environnement de très bonne qualité qui permettent de garantir sa croissance, son bien-être et sa santé. Ainsi, l’eau qui est passée dans une pisciculture respecte des critères de qualité fixés réglementairement lorsqu’elle est restituée au milieu environnant. Autres témoins de cette qualité du milieu, les vidéos réalisées autour des cages d’élevage marin de poissons en France témoignent d’une richesse d’un équilibre et d’une biodiversité qui surprennent plus d’un plongeur.


L’aquaculture et les ressources naturelles :

La qualité des protéines et des huiles issues de la pêche de certaines espèces de poisson de mer (petits pélagiques) à faible valeur commerciale et à cycle de renouvellement rapide est encore nécessaire à l’élevage de nombreuses espèces aquacoles. Depuis de nombreuses années, à l’instar de l’ensemble des espèces pêchées, cette ressource plafonne au niveau mondial et les pays concernés sécurisent de plus en plus cette importante activité économique en adoptant des mesures durables de gestion des stocks sauvages.
Aujourd’hui, environ un tiers de la matière première utilisée dans le monde pour produire de la
farine et de l’huile de poisson destinés à l’alimentation des poissons d’élevage est issu de produits dérivés et de coproduits issus de la transformation des poissons. Cette proportion en augmentation complète ainsi la pêche des petits poissons pélagiques.

A l’échelle mondiale, toutes espèces et types de production confondus, et grâce aux travaux sur la substitution des matières premières, il faut environ un kg de poisson sauvage pour produire un kg de produit aquacole. Les élevages de salmonidés, espèces historiques, ont bénéficié de plusieurs décennies de recherches et développement et approchent désormais ce ratio « Fish in – Fish out » de 1kg pour 1kg. Cet objectif de ne pas consommer plus d’un kg de poisson pour le transformer en un kg d’une autre espèce à plus forte valeur commerciale fait l’objet de nombreuses recherches qui permettent peu à peu de s’en approcher. Il est d’autant plus difficile à atteindre que ces espèces sont plus « carnivores » c’est-à-dire plus exigeantes en protéines mais également en acides gras polyinsaturés (oméga 3). Mais ces espèces sont aussi les plus demandées (bar, daurade, turbot, sole…). Elles requièrent de fait environ 45% de protéines dans leur alimentation. Quant aux espèces plus « herbivores » (carpe, mulet, tilapia…), elles exigent tout de même 20 à 35% de protéines.

La qualité des produits d’aquaculture :

Les poissons de pêche et d’élevage fournissent une alimentation parmi les plus riches en acides gras polyinsaturés et leur consommation est recommandée par les autorités de santé (ANSES) notamment pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Les aliments administrés aux animaux d’élevage respectent des règles de salubrité et des normes concernant les contaminants généralement identiques aux valeurs appliquées pour les aliments consommés directement par l’homme. Par ailleurs, les poissons d’élevage, dont l’alimentation et l’environnement sont contrôlés, sont peu exposés aux contaminations. Le mode de production aquacole facilite la traçabilité et l’approvisionnement à la demande et garantit ainsi l’origine et la fraîcheur des produits mis sur le marché.

 

Pour en savoir plus :

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Publié le 16 janvier 2017