Les pêcheurs à pied professionnels

Le statut de pêcheur à pied professionnel est reconnu par la délivrance d’un permis national de pêche à pied, valable pour une durée d’un an et délivré par les DDTM. Pour y prétendre, un pêcheur doit :

  • Justifier de son affiliation à un régime de sécurité sociale correspondant à son activité (ENIM ou MSA),
  • Fournir son projet professionnel (en cas de première installation ou de changement significatif), ce qui permettra de s’assurer de la viabilité de l’activité projetée,
  • Justifier de sa capacité professionnelle. A cette fin, une formation obligatoire a été mise en place depuis 2011 pour les nouveaux entrants dans la pêcherie.

Cette formation, d’une durée de 195 heures dont 90 heures d’activité accompagnée sur le terrain auprès d’un professionnel référent, a pour objectif de donner au pêcheur à pied professionnel l’ensemble des clés pour comprendre et réaliser l’ensemble des démarches administratives, sanitaires, etc., et organiser sa marée (depuis la préparation jusqu’à la vente).

Le pêcheur à pied professionnel est très souvent itinérant. Ainsi, afin de vivre de son activité, il se déplace le long du littoral français, suivant l’ouverture des gisements, qui fait l’objet de fermetures saisonnières pour permettre à la ressource de se régénérer et d’atteindre la taille minimale.
Cette pratique est particulièrement répandue du Nord-Pas de Calais aux Pays de Loire, mais l’est un peu moins en Poitou-Charentes, Aquitaine et en Méditerranée.

Ainsi, le pêcheur à pied devra demander des licences de pêche, instaurées par les CRPMEM (dans la plupart des cas contingentées) pour pouvoir accéder à la ressource.

Les contraintes sanitaires sont particulièrement nombreuses pour les pêcheurs à pied professionnels, qui exploitent principalement des coquillages. Ces derniers, dont la plupart filtrent l’eau pour se nourrir, peuvent accumuler les contaminants et devenir impropres à la consommation. Afin de protéger la population, la pêche à pied professionnelle ne peut donc s’exercer que sur des gisements classés sanitairement, c’est-à-dire que l’autorité administrative s’est assurée du bon état sanitaire de la zone, et procède à un suivi régulièrement. En cas de contamination ponctuelle, la zone est fermée, ou les coquillages peuvent  continuer à être pêchés mais doivent être purifiés dans des zones spécifiques avant d’être mis sur le marché.

Les pêcheurs à pied professionnels, comme tout pêcheur professionnel doivent déclarer ses captures. Cette obligation permet de suivre les tonnages prélevés par gisement, et donc si nécessaire d’assurer une gestion quotidienne de ces gisements, au plus près de la réalité.

Les pêcheurs à pied sont dans la plupart des cas chef d’entreprise, mais il existe également des cas de pêcheurs à pied salariés ou de conjoints collaborateurs. Tous sont soumis aux mêmes obligations administratives (détention d’un permis et de licences de pêche, déclarations statistiques, …).

Mis à jour le 21 juillet 2016