Amélioration des connaissances sur les raies : Raimouest & Recoam & RaimEst

Le CNPMEM a participé avec l’aide de France Filière Pêche à trois programmes d’amélioration des connaissances sur plusieurs espèces raies, RaimOuest, Recoam et RaimEst, de façon à améliorer la gestion de cette ressource et en assurer une pêche durable. Ces espèces sont pêchées de façon accessoire ou ciblées par 3 principaux types d’engins : le chalut, la palangre et le filet et constituent dans certaines zones de pêche une part non négligeable du chiffres d’affaires des marins. Ces espèces sont gérées par un TAC global ou font l’objet d’interdiction de pêche, telle le pocheteau gris ou la raie radiée. Ce système n’est jugé adéquate ni par les pêcheurs ni par les scientifiques du CIEM.

Les résultats attendus de ces programmes étaient l’amélioration de l’évaluation des stocks de raies, la construction d’arguments en faveur d’une révision du statut de la raie brunette et la proposition de mesures de gestion alternatives appropriées et concertées.
Un groupe de travail a été mis en place par le CNPMEM pour permettre les échanges d’informations sur RaimOuest, Recoam et le projet Raiebeca sur la raie brunette porté par l’Aglia et le CREAA. Plus d’informations sont disponibles sur les sites internet de ces structures. Ce groupe de travail s’est réuni deux fois par an jusqu’à  fin 2014.

Ces programmes incluaient des marquages de raies. Vous pouvez télécharger l’affiche informative ainsi que le document expliquant la démarche à suivre si vous trouvez une marque. N’OUBLIEZ PAS DE LA SIGNALER. Par ailleurs, il est important de bien identifier les raies dans les journaux de bord et les fiches de pêche de façon à améliorer le suivi des captures. Des guides d’identification et des affiches sont disponibles au CNPMEM.

Le programme RaimOuest

Le projet est porté par le Comité Régional des Pêches de Basse Normandie, en partenariat avec le SMEL, l’Ifremer et l’APECS,  Association pour l’étude et la Conservation des Sélaciens. Il a démarré en juillet 2012 et s’ est terminé en juin 2014. Il a pour objectifs de collecter des informations socioéconomiques pour mesurer l’impact de l’interdiction de débarquer la raie brunette par le biais d’enquêtes, de caractériser la pêcherie de raies et enfin d’enrichir et analyser les données halieutiques disponibles pour caractériser les stocks de raies (à partir des données du programme Obsmer et d’embarquements).

Le rapport final est désormais disponible.

Les principaux résultats :

Dans le Golfe Normand Breton, environ 180 navires sont concernés par la pêche de raies soit 60% de la flottille totale.  Avant l’interdiction de débarquer la raie brunette, mise en place en 2010, l’ensemble des raies contribuait entre 10 à 30% du chiffre d’affaires.

Les nombreux échantillonnages réalisés dans Obsmer (programme national mis en place par le ministère d’observateurs embarqués à bord des navires de pêche) au chalut et au filet depuis 10 ans à l’échelle de la Manche mer du Nord confirment le caractère localisé du stock de raie brunette au niveau du Golfe Normand Breton. En  2012, les quantités de raies brunette capturées au chalut en Manche Ouest (zone CIEM VIIE) sont estimées à 750 tonnes ce qui révèle une abondance certaine de cette espèce.

Le programme Recoam

Le projet est porté par l’APECS. Il a pour objectif de collecter des données pour améliorer les connaissances sur la biologie (par exemple la taille à maturité sexuelle), les mouvements horizontaux et la structure génétique des populations de cinq espèces de raies (Brunette, Lisse, Douce, Mêlée et Bouclée). Il prévoit des affrètements de navires professionnels pour réaliser des marquages et les prélèvements biologiques (à l’automne et au printemps). L’objectif est de marquer au moins 2500 raies. Des embarquements réalisés au sein des programmes RaimOuest et Raiebeca sont également programmés pour collecter des informations et faire du marquage. L’APECS est par ailleurs en charge de l’opération de communication pour assurer le retour d’information sur les poissons recapturés. Le projet s’est terminé fin 2014. Le rapport final est disponible en cliquant sur le lien.

Les principaux résultats :

Plus de 2300 individus (chiffres incluant les marquages réalisés dans le projet Raiebeca) ont été marqués dans les Pertuis Charentais / Estuaires de la Gironde et plus de 1400 dans le Golfe Normand Breton.

Les marquages ont mis en évidence que la distance entre la zone de marquage et de recapture de raies brunettes est faible dans les deux zones de l’étude.

La longueur à laquelle 50% des individus mâle ont atteint la maturité sexuelle (L50), information utile notamment lors des réflexions sur la mise en place de taille minimale ou maximale de captures, a été calculée  pour la Manche et pour l’Atlantique.

L’analyse des prélèvements génétiques a débuté . Pour votre information, les observateurs Obsmer ont prélevé des tissus de raie brunette qui seront utilisés dans cette étude.

Le programme RaimEst

Le projet RAIMEST est un projet à l’initiative de l’Organisation de Producteurs de Basse Normandie (OPBN) qui regroupait différents partenaires : le FROM Nord, la CME, l’IFREMER, et le comité national des pêches (CNPMEM). Il a été  financé  par France Filière Pêche (FFP), et a débuté en décembre 2014 pour finir en octobre 2015. Il avait pour objectif d’améliorer les connaissances  des différentes espèces de raies présentes en Manche Est, ainsi que de spatialiser davantage les zones de captures afin de proposer des mesures de gestion spatiale adaptées à l’échelle locale. L’étude s’est basée sur les connaissances empiriques des pêches par le biais d’enquêtes ainsi que sur le programme Obsmer. 48 pêcheurs originaires de 11 ports entre Cherbourg et Dunkerque ont été interviewés.  L’enquête s’articulait autour de 2 thématiques centrales : (i) l’identification des espèces et (ii) la connaissance de leurs distributions spatiales et de leurs zones fonctionnelles.

Avec le concours financier de France Filière Pêche
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Mis à jour le 24 août 2016