Etude sur la caractérisation des rejets : CarRejet

Genèse du programme

La réforme de la Politique Commune de la Pêche impose une nouvelle règle aux professionnels : l’obligation de débarquement des espèces soumises à quota (et à tailles minimales en Méditerranée), souvent traduit en interdiction des « rejets ». Les rejets correspondent aux espèces remises à l’eau après la capture, pour des raisons règlementaires ou économiques. Cette obligation de débarquement (OD) va profondément modifier l’activité de la plupart des flottilles de pêche européennes et françaises. Tout en faisant valoir les spécificités de leurs métiers, les professionnels de la pêche française devront s’adapter rapidement à ce nouveau cadre réglementaire, en réduisant le volume de ce qui sera désormais appelé les “captures indésirées”. C’est dans ce contexte que les pêcheurs, souhaitant anticiper la règlementation, et l’ensemble du secteur halieutique ont demandé à l’IFREMER, en 2011, de faire le bilan des connaissances relatives aux rejets.

Ainsi est né le projet CarRejet (Caractérisation des Rejets), porté par l’IFREMER, en collaboration avec le CNPMEM et l’Université de Bretagne Occidentale. Il a démarré en septembre 2012 et s’est terminé fin février 2014.

 

Objectifs du programme

Le programme CarRejet s’est basé sur trois objectifs spécifiques :

  1. Caractériser les rejets des pêcheries les plus concernées par des rejets d’espèces faisant l’objet de limites de capture (quota)
  2.  Identifier les causes de rejet pour un certain nombre de métiers qui seront affectés par la nouvelle réglementation. Deux approches complémentaires ont été mises en œuvre pour remplir cet objectif : d’une part la modélisation statistique des données du programme national d’observation à la mer (ObsMer), accumulées depuis 2009 ; d’autre part, des groupes de discussion régionaux avec les professionnels concernés
  3.  Proposer des stratégies d’adaptation envisageables en fonction des causes identifiées pour une sélection de métiers et d’espèces, par la combinaison de réduction des captures indésirées au travers de moyens sélectifs, et de valorisation de ce qui restera à débarquer et à traiter à terre.

 

Principaux résultats

Les rejets apparaissent très variables entre les métiers pratiqués par les pêcheurs français. Les rejets dépendent ainsi de la ou des espèces ciblées, de l’engin utilisé pour les capturer, de la période ainsi que de la zone de pêche. Au sein d’un même métier, les rejets peuvent également variés considérablement en fonction des années.

  • Quelles sont les principales causes de rejets ?

Les causes de rejet peuvent être classées en deux catégories : les causes réglementaires et les causes économiques.

Les causes réglementaires concernent la taille minimale autorisée des espèces, les réglementations relatives à la composition des captures détenues à bord, la fermeture de (sous-) quotas ainsi que les interdictions de débarquement de certaines espèces. Toutes ces réglementations imposent aux professionnels de rejeter les captures irrégulières à la mer.

Les causes économiques sont liées à la valeur marchande des espèces, qui doit être suffisante par rapport au coût du travail à fournir (tri, stockage) pour qu’il soit intéressant de les débarquer. Les espèces et les individus dont la valeur marchande est la moins forte seront souvent rejetés en priorité. Outre le contexte économique, cette valeur marchande dépend des possibilités de valorisation sur les lieux de débarquement, ainsi que de la taille des poissons, et de la quantité et de la qualité des captures.

Une même espèce peut être rejetée pour différentes causes, parfois au sein de la même opération de pêche. Un individu peut ainsi être en dessous de la taille minimale de débarquement, un autre peut être trop abîmé pour pouvoir être valorisé, et un dernier peut être rejeté faute de quota suffisant pour débarquer toute la capture de l’espèce au cours de la même marée.

  • Quelles solutions envisageables ?

Les règlementations obligeant les professionnels à rejeter vont être supprimées ou modifiées pour permettre le débarquement des captures des espèces concernées par l’obligation de débarquement, via un règlement appelé “omnibus”.

Pour les captures indésirées pour causes économiques, deux voies de travail s’offrent aux professionnels de la pêche pour en diminuer la proportion dans la capture totale. Soit les éviter, par des moyens sélectifs portant sur l’engin et/ou la zone et/ou la période de pêche ; soit les valoriser et donc les rendre “désirables”, via le développement et le renforcement de certaines voies de commercialisation. La sensibilisation du grand public à la diversité des produits de la mer disponibles et issus des pêches françaises est un élément important dans la valorisation des captures actuellement moins désirées par les consommateurs.

Pour en savoir plus :

Avec le concours financier de FranceAgriMer, de France Filière Pêche, d’Ifremer et du Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins

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Mis à jour le 22 mars 2016