On en pince pour le tourteau !

Une espèce bien gérée et un stock en bon état

Alors que les médias ne tarissent pas en constats alarmistes sur l’état des stocks de pêche, il est important de rappeler que la situation est très contrastée selon les espèces considérées et d’une manière globale beaucoup moins morose que ne le prétendent certaines ONG environnementalistes ! A cet égard, le tourteau fait partie des espèces qui sortent du lot et dont l’état prouve une fois de plus que les pêcheurs sont tout à fait capables de conduire une gestion exemplaire.

Le tourteau est une espèce capturée dans les zones côtières et du large en Manche et dans le golfe de Gascogne. Elle n’est pas soumise aux TAC et quotas européens ; la réglementation communautaire prévoit une taille minimale de capture et des plafonds d’effort de pêche par zone CIEM, que les Etats membres ne doivent pas dépasser.

En France, les organisations professionnelles de la pêche sont très proactives dans l’encadrement de cette espèce : elles ont mis en place à partir des années 1990, avec le soutien de l’Ifremer et de l’Administration, un arsenal de mesures de gestion destinées à réguler l’effort de pêche et garantir le bon état des stocks.

Voir les travaux de la Commission Crustacés du CNPMEM.

Les efforts des professionnels pour gérer durablement l’espèce semblent porter leurs fruits car aux dires de l’Ifremer, l’état des stocks de tourteau capturés par les professionnels français est très bon et la pression de pêche est compatible avec l’atteinte du rendement maximum durable.

Un produit d’exception mais une filière européenne en crise

Le tourteau est un crustacé à la chair fine et réputée. Les connaisseurs la comparent d’ailleurs à celle du homard, pour un coût bien plus faible. Outre ses qualités gustatives, il présente des avantages nutritionnels indéniables : riche en protéines et pauvre en calories, la chair de tourteau représente une source particulièrement intéressante pour certains micronutriments (zinc, cuivre, vitamine B2 et sélénium).

Dépliant Comment cuisiner le tourteau ?

Malgré ces bonnes nouvelles, les producteurs de tourteau peinent malheureusement à trouver une rentabilité, en raison d’une part d’un marché finalement assez peu demandeur pour cette espèce et d’autre part d’une mauvaise adéquation entre l’offre et la demande.

Pour toutes ces raisons, les principaux pays européens producteurs (Royaume-Uni, Irlande, France) et l’ensemble de la filière du tourteau font face à une crise sans précédent. Les pêcheurs ont donc décidé de se mobiliser pour trouver des solutions communes, en vue du rétablissement du marché et pérenniser leurs entreprises.

Une tentative de réponse à la crise du tourteau via le programme ACRUNET

Sur proposition de l’Irlande et grâce à un financement Interreg, le programme ACRUNET a vu le jour en 2012, pour une durée de 3 ans (il s’est terminé en juin 2015). Son objectif était d’officialiser un partenariat transnational entre les producteurs de tourteaux afin de trouver des solutions pérennes à la crise, avec les axes de travail suivants : améliorer l’adéquation entre offre et demande, améliorer la qualité des produits et développer la promotion.

Ce programme aura permis des avancées significatives en matière d’amélioration de la qualité des produits, de connaissance du marché et de gestion de la pêche. Cf. Programme ACRUNET.

Les professionnels français entendent aujourd’hui poursuivre leur action et maintenir les contacts fructueux établis avec leurs homologues anglo-saxons, via la possible création d’une association européenne des producteurs de tourteau.

Retrouvez également cette actu sur notre application
Publié le 01 octobre 2015