Energies marines renouvelables

Une politique volontariste et de nombreux projets

Pour répondre à ses engagements européens en matière d’énergie renouvelable, la France s’est fixée pour objectif de développer les énergies marines renouvelables (EMR) sur ses côtes. Outre les éoliennes en mer fixes qui en sont au stade commercial, les autres formes d’EMR (éoliennes flottantes, hydroliennes, houlomoteur, énergie thermique des mers…) sont encore en cours de développement technologique.

Le Gouvernement a pris récemment plusieurs mesures pour accélérer le déploiement des EMR : appels d’offres pour le développement de l’éolien en mer, appels à manifestation d’intérêt pour la mise en place de démonstrateurs et de fermes pilotes pour les autres types d’EMR, lancement de l’institut France Energie Marine pour stimuler la compétitivité de la filière française des EMR, etc.

A ce jour, les projets d’EMR sur les côtes françaises sont très nombreux, tant en métropole qu’en Outre-mer. Les zones de développement des installations, ainsi que celles de passage des câbles de raccordement au réseau, coïncident inévitablement avec les zones d’activité traditionnelle des pêcheurs professionnels.

De nouvelles contraintes pour les pêcheurs professionnels

Le déploiement des EMR présente des contraintes pour les activités de pêche, en termes de perte de zones de pêche (dans le cas où la cohabitation entre activités ne serait pas possible, notamment pour des questions de sécurité), avec nécessité de se reporter sur d’autres zones ou d’autres pêcheries, ce qui occasionne des difficultés : concentration de l’activité dans certaines zones, augmentation des coûts en carburant, problème de disponibilité des quotas, adaptation des engins de pêche, etc. D’autre part, l’implantation des EMR et ouvrages connexes (câbles de raccordements, unités de stockage) présente des conséquences en termes de dégradation et modification des habitats marins, pouvant avoir des répercussions négatives sur les populations halieutiques à l’intérieur et à proximité des sites d’EMR.

Bien que leurs activités s’en trouvent impactées, les professionnels de la pêche sont néanmoins conscients des enjeux de développement des énergies alternatives pour la France et du potentiel disponible en mer. Ils ne veulent pas être écartés de ces développements et préfèrent être acteurs plutôt que de subir.

Une volonté de coopérer

Ainsi, le CNPMEM et les CRPMEM ne sont pas opposés au développement des EMR, sous certaines conditions, la première d’entre elles étant l’amorce d’une concertation très en amont des projets (association des pêcheurs concernés au choix de la zone et des modalités d’implantation, aux études préliminaires, choix des aménagements envisagés, etc.).

Cette collaboration est d’autant plus souhaitable et importante qu’il n’y a pas forcément d’incompatibilité de principe entre EMR et activités de pêche professionnelle. Au contraire, dans certains cas, des synergies peuvent même être développées. Pour les pêcheurs, ce peut être l’opportunité d’acquérir des connaissances scientifiques sur le milieu et les espèces halieutiques dans une zone donnée, obtenir un appui à la mise en place de projets de pêche ou d’aquaculture durable*, des possibilités de diversification dans des activités de maintenance, etc. Pour les développeurs, la collaboration des pêcheurs professionnels s’avère également très précieuse : ils sont les seuls à détenir une parfaite connaissance des fonds marins et ont l’habitude de travailler dans des conditions de mer difficiles. Leur expertise peut être recherchée pour optimiser l’ancrage des installations et leurs moyens nautiques mis à disposition.

* La finalité des 35 % du produit de la taxe éolienne revenant au CNPMEM est justement de permettre de financer de tels projets. Conformément à la réglementation qui encadre cette taxe, ces projets exclusivement collectifs seront portés par les Comités des pêches concernés et devront répondre aux objectifs d’exploitation durable des ressources halieutiques définis par la Politique commune de la pêche. A noter toutefois que ces fonds ne seront disponibles qu’à la mise en service des parcs et que des mesures compensatoires devront donc être prévues par ailleurs pour couvrir les impacts de la phase d’installation des parcs éoliens (préparation des fonds, implantation des mâts d’éoliennes et des câbles, etc.) sur les activités de pêche maritime professionnelle.

Une implication à tous les niveaux pour promouvoir les intérêts des pêcheurs

Au niveau local, les comités régionaux et départementaux des pêches concernés sont en lien direct avec les porteurs de projet et participent activement à leur élaboration, notamment par la fourniture de données sur les activités de leurs adhérents. Cette implication est un gage, pour les pêcheurs professionnels, que leurs intérêts puissent être préservés au maximum.

Le comité national quant à lui, assure une veille réglementaire et entretien un dialogue continu avec les pouvoirs publics et les représentants des professionnels de l’énergie, pour que les intérêts de la pêche professionnelle soient bien pris en compte dans les politiques de développement.

Pour en savoir plus :
Mis à jour le 11 octobre 2016