L’implication des pêcheurs en faveur de la protection de l’environnement marin

Les professionnels de la pêche sont les premiers à s’être impliqués dans la gestion du milieu marin, la pérennité de leurs activités dépendant avant tout de la qualité de ce milieu. Les actions qu’ils mènent depuis plusieurs décennies pour une gestion équilibrée et responsable des ressources marines sont nombreuses : encadrement de l’activité par délibérations des comités des pêches (licences de pêche contingentées, périodes de fermeture, mesures techniques…) et les réglementations prud’homales, mise en place de cantonnements de pêche, …

Les actions menées par les pêcheurs depuis très longtemps en faveur de la protection de l’environnement marin, seuls ou en collaboration avec les scientifiques, sont souvent mal connues, voire ignorées.

Pourtant, les comités des pêches maritimes et des élevages marins mènent ou participent à différents projets en faveur de la préservation du milieu marin et de la sauvegarde d’espèces protégées :

  • Pour une meilleure sélectivité des engins de pêche : Selecfish, Seleccab, etc.
  • Pour une diminution des captures accidentelles de mammifères marins : Procet, Filmancet, etc.
  • Pour une réduction de l’impact de l’activité sur les espèces et les milieux : Jumper, Plan national d’actions en faveur de l’esturgeon
  • Pour une meilleure connaissance des espèces : sur les raies, sur le bar (collecte des connaissances empiriques des pêcheurs professionnels sur les zones fonctionnelles halieutiques, Bargip), etc.

Par ailleurs, la Loi de Modernisation de l’Agriculture et de la Pêche de 2010 a reconnu les compétences environnementales des comités des pêches. Elle précise que ces organismes, assurant des missions de service public, participent « à la mise en œuvre des politiques publiques de protection et de mise en valeur de l’environnement, afin notamment de favoriser une gestion durable de la pêche maritime et des élevages marins ».

C’est ainsi que dès le début de la mise en place du réseau Natura 2000 en mer, les pêcheurs professionnels français se sont fortement impliqués dans la démarche. Participant activement à l’ensemble des comités de pilotage installés, le comité national et la majorité des comités régionaux des pêches maritimes et des élevages marins se sont même engagés pour la concrétisation de la gestion de ces sites, en devenant opérateurs « principal » ou « associé » sur de nombreux sites des trois façades maritimes. Etre opérateur est l’occasion pour les organisations professionnelles de s’impliquer pleinement dans ce réseau d’aires marines protégées, de mieux en maîtriser les enjeux et le fonctionnement.

Les travaux d’élaboration des premiers documents d’objectifs de sites marins désignés en 2008 et dont la validation est intervenue fin 2012, à l’image des sites du Plateau du Four et du Plateau de Rochebonne, ont notamment été menés par les comités des pêches. Au titre de la même dynamique, ces comités ont exprimé la volonté de poursuivre ces missions, et ont été désignés animateurs des documents d’objectifs validés.

Dans la continuité de ces expériences réussies, le comité national et les comités régionaux se sont vus reconnaitre, par la loi de reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, la possibilité de devenir gestionnaires de réserves naturelles ayant une partie maritime.

Mis à jour le 21 juillet 2016