Certes il faut aider les pêcheurs à passer ce cap très difficile mais est ce responsable de ne pas plannifier ce qui arrivera inexorablement, à savoir un prix du carburant prohibitif, y compris apres reduction des taxes, et une rarefaction importante du poisson sauvage. Faut-il prendre des actions pour se preparer à l'avenir : investissement dans des élevages modèles sous la mer, reconversion, etc...
Si l'augmentation du prix du pétrole semble une certitude, la raréfaction importante du poisson n'est pas un phénomène définitif : on observe une amélioration de plusieurs stocks et des mesures ont été et continuent d'être prises pour réduire la pression de pêche (limitation des captures, de l'effort de pêche, amélioration de la sélectivité, réduction des rejets, lutte contre la pêche illégale, mesures de préservations des habitats, amélioration de la qualité de l'eau,…).
Il faut comprendre que l'augmentation du poste carburant dans les charges incite le pêcheur à pêcher plus pour couvrir ses frais et donc entraîne votre deuxième postulat. Un des enjeux importants que se sont donnés les politiques et les organisations professionnelles, c'est justement de mettre en place des mécanismes pour que, plutôt que pêcher plus, le pêcheur puisse rentrer dans ses frais en pêchant et surtout en vendant mieux. Ainsi, sans augmentation des captures, voire avec même une diminution, les pêcheurs pourraient mieux gagner leur vie (à long terme, c'est le même résultat qui sera d'ailleurs obtenu lorsque seront atteints les objectifs de pêche au rendement maximal durable fixés par la Commission européenne). Mieux valoriser ses captures pour le pêcheur n'implique pas nécessairement une augmentation systématique du prix du poisson. Le gouvernement et la profession étudient plusieurs pistes (certification/label, utilisation d'une partie de la TVA, raccourcissement des circuits de distribution, …).
Maintenant, il est probable que la capacité de production (plutôt que le nombre de pêcheurs) soit dans certains secteurs surdimensionnée. Là aussi, la profession recherche des solutions. Le plan de sortie de flotte annoncé par le gouvernement la semaine dernière va dans ce sens. Des solutions de reconversion (pêche-tourisme) sont également à l'étude.
Enfin, concernant les élevages marins, une certaine prudence doit être de mise. Malgré les progrès effectués depuis ces dernières années, l'aquaculture ne pourra jamais remplacer la pêche. Ces deux activités sont et seront toujours complémentaires.
Pour le CNPMEM, l'évolution vers un tandem pêche responsable - consommation responsable est la véritable solution pour sortir la pêche de sa crise structurelle dont le prix du carburant n'est qu'un aspect.