Choc pétrolier : une avancée essentielle mais tous les navires doivent pouvoir continuer de partir à la mer (partie 4)


À l’issue des annonces présentées ce jour par le Gouvernement, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) constate positivement que la dépendance de son activité fait l’objet d’une mesure d’urgence du gouvernement – mais conditionnée au feu vert de la Commission européenne- Cependant elle ne sera pas pleinement efficace et n’atteindra pas son objectif de faire repartir tous les navires à la mer.

Paris, le 27 mars 2026 – Malgré la gravité de la crise, marquée par une hausse brutale et continue du prix du carburant, l’annonce formulée ce soir, ne sera pas pleinement opérationnelle et efficace pour la filière pêche.

Dans un secteur où le carburant représente jusqu’à 40 % du chiffre d’affaires des navires, et alors que les prix du carburant atteignent des niveaux jamais constatés pendant la guerre en Ukraine, il faut une réponse adaptée pour sortir tous les armements et les équipages de l’impasse. Avec 20 centimes au litre, partir en mer revient, pour de nombreux navires, à travailler à perte avec les cours actuellement constatés dans les ports de pêche.

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle touche de manière particulièrement aiguë les chalutiers, qui constituent l’épine dorsale de la production halieutique française. Représentant une part essentielle des volumes et de la valeur débarqués, ils assurent également la diversité des apports en criée et structurent l’ensemble de la filière dans de nombreux territoires littoraux. Leur modèle économique, fortement dépendant du carburant, est aujourd’hui remis en cause avec un carburant au prix moyen de 1€. Il en va de même pour les flottes longue-distance et les Départements d’Outre-Mer.

À ce titre, la profession demande la mise en place d’une mesure de bonification pour les chalutiers confrontés à un choc énergétique et financier sans précédent. On ne peut pas demander à son équipage de reprendre la mer pour travailler avec de telles diminutions de salaires car le salaire est fonction du coût du carburant qui n’est pas répercuté sur l’acheteur. C’est la même chose pour l’armateur.

La priorité est que la grande chaîne d’approvisionnement qui va du navire au consommateur ne s’arrête pas.

« L’annonce de ce soir marque une grosse avancée, sous réserve de sa validation par la Commission Européenne mais ne répond pas pleinement à l’urgence partagée avec la ministre pour tous les navires de “continuer de sortir à la mer”. Tous les navires doivent pouvoir ressortir à la mer y compris les navires les plus touchés. Faute de réponse adaptée à cet objectif, ce sont  des conséquences en chaîne sur l’ensemble de la filière qui se préparent »,» déclare Oivier Le Nézet président du CNPMEM.

Le CNPMEM appelle le Gouvernement à conforter sans délais son engagement financier afin de garantir la poursuite de l’activité de tous les navires.

Pour l’avenir, il soutient sans hésitation la volonté du gouvernement et de la ministre clairement énoncée de mettre un terme à notre vulnérabilité énergétique en ouvrant la possibilité d’un soutien européen au renouvellement d’une flotte de 32 ans d’âge en moyenne.

Flambée brutale du carburant : des annonces insuffisantes face à une crise immédiate pour la filière pêche (Partie 3)

À l’issue des échanges avec la ministre chargée de la mer et de la pêche et des annonces présentées hier, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) dénonce l’absence de mesures concrètes à la hauteur de la crise que traverse actuellement la filière.

Paris, le 24 mars 2026 – Après deux réunions successives avec les pouvoirs publics en l’espace de quelques jours, la filière pêche constate que, malgré l’urgence de la situation et les engagements pris à haut niveau, aucune réponse opérationnelle immédiate n’a été apportée pour faire face à la flambée du prix du carburant.

Dans un secteur où le carburant peut représenter jusqu’à 40 % du chiffre d’affaires des navires, la hausse brutale des prix place aujourd’hui les armements et les équipages dans une impasse économique. La rémunération des marins, indexée sur les résultats des marées, est directement affectée : dans certains cas, partir en mer revient désormais à travailler à perte.

Dans ces conditions, de nombreux navires sont contraints de rester à quai ou s’apprêtent à interrompre leur activité dans les prochains jours, faute de perspectives viables. Cette situation fait peser un risque immédiat sur l’ensemble de la filière, bien au-delà des seuls pêcheurs : mareyeurs, transformateurs, criées et ports de pêche sont directement exposés à un effet en chaîne aux conséquences économiques et sociales majeures.

Malgré ce contexte critique, les annonces formulées à ce stade ne permettent pas de répondre à l’urgence. Les mesures évoquées relèvent principalement de dispositifs existants ou de mécanismes différés qui n’apportent pas de soutien direct et immédiat sur le poste de dépense le plus critique : le carburant.

Ce décalage est d’autant plus incompréhensible que plusieurs pays européens ont d’ores et déjà pris des mesures fortes pour soutenir leurs navires et leurs marins. L’Espagne a ainsi mis en place une aide directe pouvant atteindre 30 centimes par litre de carburant, rapidement suivie par l’Italie. À ce stade, la France ne propose aucun dispositif équivalent.

Pour le CNPMEM, cette absence de décision concrète interroge directement la place accordée à la pêche dans les priorités nationales, alors même que la souveraineté alimentaire a été largement mise en avant ces dernières semaines notamment au SIA.

« Malgré l’urgence et les engagements pris, aucune mesure concrète n’est aujourd’hui mise en œuvre. Dans les conditions actuelles, partir en mer revient à travailler à perte : nos marins et nos navires vont s’arrêter. Pendant que l’Espagne et l’Italie agissent, la France attend. Sans soutien immédiat sur le carburant, c’est toute notre filière qui est menacée », déclare Olivier Le Nézet, Président du CNPMEM.

Face à cette situation, le CNPMEM appelle le Gouvernement à prendre sans délai des mesures exceptionnelles, à la hauteur de la crise, permettant de garantir la poursuite de l’activité des navires et de préserver l’ensemble de la filière.

À défaut, c’est un risque réel de désorganisation durable de la pêche française qui se profile, avec des conséquences directes sur l’approvisionnement du marché national et un recours accru aux importations.

Le CNPMEM reste pleinement mobilisé pour obtenir des réponses concrètes dans les plus brefs délais.

Flambée brutale du carburant : la filière pêche appelle à concrétiser rapidement les premières avancées obtenues lors de la réunion d’urgence (Partie 2)

Réuni ce matin avec les ministres chargées de l’énergie et de la mer, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) et France Filière Pêche (FFP) ont rappelé l’urgence de trouver des solutions face à la flambée du carburant. Si plusieurs pistes de soutien ont été évoquées lors de la réunion, la profession reste mobilisée pour que ces engagements se traduisent rapidement par des mesures concrètes.

Paris, le 13 mars 2026 – À l’initiative des ministres chargées de l’énergie et de la mer et de la pêche, une réunion d’urgence s’est tenue ce matin en présence des administrations compétentes, des représentants des metteurs en marché du carburant maritime ainsi que des principaux réseaux bancaires investis dans le secteur.

Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), représenté par son président Olivier Le Nézet, plusieurs vice-présidents et le président du CRPMEM Corse, y a porté la voix des pêcheurs français confrontés à une flambée brutale du prix des carburants maritimes (essence notamment dans les DOM et surtout gasole).

Cette hausse intervient dans un secteur déjà fragilisé par plusieurs années de crises successives – Covid, guerre en Ukraine, Brexit – auxquelles se sont ajoutées récemment des difficultés conjoncturelles importantes : conditions météorologiques défavorables en début d’année, baisse de certains quotas essentiels (maquereau) ou encore fermeture du golfe de Gascogne. Dans ces conditions, la hausse du prix de l’énergie pèse directement sur l’équilibre économique des entreprises de pêche.

Le carburant représente en effet une charge majeure pour les navires et peut atteindre 20 à 40 % du chiffre d’affaires selon les métiers. Toute hausse du gasoil se traduit immédiatement par une baisse de la rémunération des marins, dont une grande partie travaille à la part et par une pression accrue sur des trésoreries déjà fragilisées.

Au cours de la réunion, plusieurs engagements ont été décidés afin de limiter l’impact de la flambée du carburant sur l’activité des navires. Il a ainsi été convenu que tout comme les hausses les baisses du prix du carburant seront répercutées à la pompe, que les metteurs en marché vont réexaminer un soutien au prix à travers les dispositifs fiscaux existants, et que les réseaux bancaires vont étudier dès maintenant au cas par cas, les situations des armements confrontés à des difficultés de trésorerie.

La profession a pris acte de ces premiers éléments et appelle désormais à les traduire rapidement en mesures opérationnelles afin d’éviter toute immobilisation de navires et toute dégradation de la situation sociale des équipages.

Une nouvelle réunion est prévue à la fin de la semaine prochaine afin de finaliser tous les dispositifs de soutien mobilisables pour la filière.

« Les premières pistes évoquées aujourd’hui vont dans le bon sens mais elles doivent désormais se traduire rapidement par des mesures concrètes et opérationnelles. La flambée du carburant fragilise directement l’équilibre économique de nombreux navires et pèse sur la rémunération des marins. Il est donc essentiel que les solutions discutées puissent se matérialiser rapidement afin de permettre aux armements de continuer à sortir en mer et ainsi, préserver l’activité dans les ports », déclare Olivier Le Nézet, Président du CNPMEM.

Le CNPMEM restera pleinement mobilisé dans les prochains jours afin de poursuivre ce travail avec les pouvoirs publics et l’ensemble des parties prenantes.

Flambée brutale du carburant : la filière pêche appelle à des mesures d’urgence (Partie 1)


Alors que l’embrasement du conflit au Moyen-Orient provoque de fortes tensions sur les marchés pétroliers, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) alerte sur la situation critique dans laquelle se trouve la flotte de pêche française. La flambée rapide du prix du carburant menace directement la viabilité économique de nombreux armements et fait peser un risque immédiat d’immobilisation d’une partie de la flotte et donc de graves répercussions pour les ports de pêche et la filière aval.

Paris, le 9 mars 2026 – La flambée des prix du carburant observée ces derniers jours, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, suscite une vive inquiétude pour l’ensemble de la filière pêche française. Cette hausse brutale intervient dans un secteur dont l’équilibre économique reste extrêmement fragile suite aux chocs du Brexit, du Covid et de la guerre Russie-Ukraine. En quelques jours, le prix du gasoil maritime est passé d’environ 0,62 € le litre à plus de 0,82 €, voire jusqu’à 1 € dans certains ports, soit une augmentation pouvant dépasser 40 % selon les zones d’approvisionnement.

Pour les armements à la pêche, une telle évolution est tout simplement impossible à absorber. Le carburant représente déjà l’un des premiers postes de charges pour les navires et, à ces niveaux de prix, sortir en mer devient rapidement non rentable, conduisant les armateurs concernés à envisager de rester à quai. La situation est d’autant plus préoccupante que, même lorsque les bateaux ne sortent pas, les salaires doivent être maintenus et les charges continuent de courir, fragilisant directement les entreprises de pêche.

Au-delà des armements, c’est toute la filière qui est exposée à un effet domino : mareyeurs, transporteurs, grossistes, poissonniers, entreprises de transformation et distributeurs. Si les navires cessent leur activité faute de rentabilité, c’est l’ensemble de l’écosystème économique des ports et des territoires qui se trouve remis en cause.

Face à cette situation, la filière pêche appelle les pouvoirs publics à agir rapidement. En préalable, il faut que les metteurs en marché cessent de spéculer sur la situation actuelle. La profession demande ensuite la mise en place d’un dispositif d’urgence permettant de faire baisser le prix du carburant à la pompe, notamment par la remise en place de la TIRUERT, mais aussi l’activation du mécanisme de soutien ouvert par l’Union européenne suite à la crise liée à la guerre en Ukraine en prenant en compte le navire, seule unité économique pertinente. Au titre de l’urgence, il faut aussi que les encours de prêts soient gelés et que les réseaux bancaires jouent le jeu de la continuité économique.

Sans réponse rapide, le risque est réel de voir une partie de la flotte durablement immobilisée et la filière brutalement affaiblie, alors même qu’elle joue un rôle essentiel pour l’alimentation, l’économie maritime et la vitalité des territoires littoraux comme l’ont rappelé les différents ministres lors du Salon International de l’Agriculture.

« Quand le carburant flambe à ce point, certains bateaux ne peuvent tout simplement plus sortir en mer. À ces niveaux de prix, on travaille à perte. Si rien n’est fait rapidement, des navires vont rester à quai et c’est toute la filière qui va en subir les conséquences. Il faut qu’une solution se déclenche très vite : la profession a littéralement besoin de réponses concrètes et immédiates des pouvoirs publics », alerte Olivier Le Nézet, Président du CNPMEM. 

Contact presse  

Hopscotch Décideurs : cnpmem@hopscotch.fr / +33 6 80 42 51 84
Pauline Dupouy : pdupouy@comite-peches.fr
 


A PROPOS DU CNPMEM  
Le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM) est un organisme professionnel de droit privé chargé de mission de service public. Nous représentons et assurons la défense des intérêts de l’ensemble des professionnels pêcheurs et aquaculteurs marins auprès des pouvoirs publics nationaux, européens et internationaux.  Il participe à la gestion des ressources halieutiques ainsi qu’à la définition des politiques environnementales dans le but de parvenir à une pêche durable et responsable. 12 400 pêcheurs, 6 220 navires, 60 ports de pêche, 34 halles à marée 

Consultez d'autres actualités

Témoignage de David, mécanicien à la pêche
Programme ObsMer et liste de transparence