Fermeture du golfe de Gascogne : après trois années d’efforts, le CNPMEM appelle à la réaction de l’Etat et la construction de solutions alternatives à la fermeture

Chalutier de pêche hauturière

Paris, le 19 janvier 2026

Pour la troisième année consécutive, le golfe de Gascogne sera temporairement fermé à certaines activités de pêche du 22 janvier au 20 février 2026, en application de la décision du Conseil d’Etat visant à réduire les captures accidentelles de cétacés.

Pour le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM), cette troisième fermeture ne peut et ne doit pas devenir une norme. Elle s’inscrit dans trois années de contraintes successives, d’efforts importants et d’impacts économiques significatifs pour les pêcheurs et pour l’ensemble de la filière. Ce cycle doit ouvrir une phase nouvelle, fondée sur l’évaluation des mesures mises en œuvre et le déploiement de solutions alternatives durables. Le CNPMEM renouvelle sa confiance dans le triptyque scientifique, professionnels et Etat.

Une profession pleinement engagée pour la protection des cétacés

Depuis plusieurs années, l’ensemble de la filière pêche est pleinement mobilisé pour préserver la ressource et limiter les interactions avec les cétacés. Les pêcheurs français ont été parmi les premiers à déployer volontairement des dispositifs innovants, avec plus de 150 navires engagés dans la réduction des captures accidentelles et le suivi scientifique. Cet engagement s’accompagne également d’une participation active aux programmes de recherche notamment dans le cadre du projet Delmoges. Les pêcheurs ne contestent ni l’objectif de protection des cétacés, ni la nécessité d’agir. Ils demandent que la protection des mammifères marins repose sur une cohabitation durable entre pêche et biodiversité, sans opposer environnement et activité humaine.

Des résultats scientifiques qui appellent à approfondir les travaux

La récente campagne d’évaluation de la population de dauphins à l’échelle de son aire de répartition dans l’Atlantique nord-est (campagne SCANS 4) confirme la stabilité à long terme et l’abondance des populations de dauphins communs, tandis que le dernier rapport Delmoges met en évidence l’impact du dérèglement climatique sur le comportement des cétacés.

Par ailleurs, la mise à jour récente du modèle d’estimation des captures accidentelles, fondée sur les données d’échouages, conduit à une révision à la baisse de 23 % des niveaux estimés.

Ces avancées scientifiques montrent que les dynamiques en jeu sont complexes et évolutives, et appellent donc des mesures de gestion mieux ciblées. Dans ce contexte, la fermeture généralisée du golfe de Gascogne apparaît comme une réponse inadaptée et non durable, car elle freine l’expérimentation et le déploiement de solutions techniques innovantes et pénalise toute la filière pêche.

Des fermetures aux conséquences économiques majeures

La fermeture concernera près de 300 navires, contraints à l’arrêt pendant plusieurs semaines. Elle entraîne des conséquences directes sur l’emploi maritime, l’activité des ports et des criées, ainsi que sur l’ensemble de la filière aval. Si des dispositifs d’indemnisation ont été mis en place, ils sont un poids pour les finances de l’état et ne constituent pas une réponse structurelle. Versées a posteriori, ces indemnisations ne compensent ni la perte de débouchés commerciaux, ni la désorganisation durable des entreprises, ni l’incertitude permanente, ni l’image dégradée de la profession auprès du grand public.

Tourner la page des fermetures systématiques

À l’occasion de cette troisième fermeture, le CNPMEM appelle les pouvoirs publics à sortir de la logique de la fermeture imposée par voie judiciaire du golfe de Gascogne et à engager collectivement une nouvelle étape. Il est désormais indispensable de dresser un bilan équilibré des mesures mises en œuvre, d’en évaluer l’efficacité réelle et de construire des solutions alternatives, en s’appuyant sur la science, l’innovation et l’expertise de terrain des professionnels, afin de proposer des mesures de gestion adaptées à la situation, à partir de 2027.

« Les pêcheurs ne sont pas opposés à la protection des cétacés. Ils y travaillent tous les jours. Après trois années de fermetures successives, il est temps de reconnaître les efforts réalisés et de construire des solutions qui permettent à la fois de protéger la biodiversité et de faire vivre nos métiers. », déclare Olivier Le NEZET, président du CNPMEM.

Contact presse : cnpmem@hopscotch.fr

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