Golfe de Gascogne : faire de 2027 une année de transition pour préparer la réouverture en 2028 et construire des solutions pérennes

bateau pêche coucher de soleil

À l’occasion des Assises de la Pêche et des Produits de la Mer à Cherbourg, la Ministre a présenté les orientations envisagées pour la fermeture du golfe de Gascogne à l’hiver 2027. Ces annonces ouvrent une nouvelle étape avec la perspective de modalités plus adaptées aux réalités opérationnelles des entreprises.

Dans la continuité des échanges engagés depuis plusieurs mois avec les pouvoirs publics, le Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CNPMEM) souligne que les évolutions envisagées répondent à une attente forte de la profession : maintenir l’objectif de réduction des captures accidentelles tout en intégrant davantage les réalités opérationnelles et économiques des entreprises.

Alors que les modalités restent encore à préciser, le CNPMEM appelle à sécuriser rapidement un cadre clair, anticipé et applicable afin de donner de la visibilité aux acteurs et d’éviter les difficultés d’organisation déjà rencontrées lors des précédentes campagnes.

Une filière pleinement engagée et des résultats à intégrer dans les décisions

Depuis plusieurs années, les pêcheurs français participent activement aux dispositifs de réduction des captures accidentelles et aux programmes scientifiques dans le golfe de Gascogne. Plus de 280 navires sont engagés dans les programmes PIFIL, DolphinFree, ObsCAMe et ObsCAMe+.

Les campagnes aériennes OBSERVE et OBSERVE II, réalisées dans les eaux irlandaises en 2021 et 2022 par l’University College de Cork, la Duke University et le gouvernement irlandais (Rogan et al.), confirment l’abondance du dauphin commun dans l’Atlantique nord-est. Par ailleurs, les estimations de captures accidentelles ont été révisées à la baisse de 23 % à la suite de la révision par l’observatoire PELAGIS du modèle de rétro-dérive/flottaison des carcasses.

Pour le CNPMEM, ces éléments doivent pleinement nourrir les décisions à venir et permettre d’inscrire la gestion dans une logique d’évaluation continue des mesures mises en œuvre.

Des modalités de fermeture à construire pour conjuguer efficacité et soutenabilité

L’évolution des modalités de fermeture, avec une plus grande souplesse laissée aux entreprises dans leur mise en œuvre, répond à une demande portée de longue date par la profession.

Le CNPMEM défend une organisation permettant aux armateurs de disposer d’une capacité d’adaptation dans le choix de leur période de fermeture sur une durée de quatre semaines consécutives entre le 1er janvier et le 31 mars. Cette approche permettrait à chaque entreprise de tenir compte de ses contraintes d’organisation, des conditions météorologiques, des cycles biologiques et de ses équilibres économiques, tout en maintenant l’effort collectif de réduction des captures accidentelles.

La profession insiste également sur la nécessité de définir les périodes de fermeture suffisamment en amont afin de garantir la prévisibilité indispensable au fonctionnement des entreprises.

Une mise en œuvre plus flexible permettrait également de lisser les débarquements et d’éviter un arrêt simultané de l’ensemble de la filière, dont les conséquences économiques ont déjà été particulièrement lourdes : les entreprises de mareyage ont enregistré une baisse de 53 % de leurs volumes lors des précédentes fermetures, tandis que plus de 50 millions d’euros d’aides publiques ont été mobilisés en trois ans pour accompagner ces dispositifs. Les criées des ports de pêche, elles aussi impactées, n’ont jamais bénéficié de mécanismes d’indemnisation malgré des charges de structure importantes.

Enfin, le CNPMEM appelle à permettre aux navires volontaires engagés dans l’expérimentation de dispositifs techniques de bénéficier de modalités adaptées afin d’accélérer le développement et le déploiement de solutions alternatives.

Préparer dès maintenant la réouverture en 2028 et le cadre de gestion de demain

Pour le CNPMEM, 2027 doit constituer une année de transition et non une simple reconduction des dispositifs existants.

L’enjeu est désormais de préparer, dès 2028, la réouverture du golfe de Gascogne dans le cadre d’un dispositif de gestion pérenne, proportionné et fondé sur des données scientifiques consolidées ainsi que sur des solutions techniques efficaces.

L’objectif partagé doit être de garantir durablement la protection des cétacés tout en préservant l’activité économique, l’organisation des entreprises et l’avenir de la pêche française. Il s’agit de sortir d’une logique de fermeture reconduite chaque année pour construire des réponses de long terme conciliant performance environnementale et viabilité des entreprises.

« Les pêcheurs ont pris leurs responsabilités pour réduire les captures accidentelles et accompagner les travaux scientifiques. Les évolutions annoncées doivent permettre de construire un dispositif plus lisible et plus adapté aux réalités du terrain. Notre objectif est clair : faire de 2027 une véritable année de transition afin de permettre la réouverture du golfe de Gascogne dès 2028, en s’appuyant sur la science, l’évaluation des résultats obtenus et le déploiement de solutions techniques durables plutôt que sur la reconduction automatique des fermetures », déclare Olivier Le Nezet, président du Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins.

Contact presse
CNPMEM
Agence Hopscotch Décideurs : cnpmem@hopscotch.fr / +33 6 52 52 31 71
Pauline Dupouy : pdupouy@comite-peches.fr


A PROPOS DU CNPMEM
Le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM) est un organisme professionnel de droit privé chargé de mission de service public. Nous représentons et assurons la défense des intérêts de l’ensemble des professionnels pêcheurs et aquaculteurs marins auprès des pouvoirs publics nationaux, européens et internationaux. Il participe à la gestion des ressources halieutiques ainsi qu’à la définition des politiques environnementales dans le but de parvenir à une pêche durable et responsable. 12 400 pêcheurs, 6 220 navires, 60 ports de pêche, 34 halles à marée.

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