5 idées reçues sur les métiers de la pêche

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1. Pas besoin d’études pour devenir marin pêcheur, c’est un métier qui s’apprend très jeune

On associe souvent les métiers de la pêche à un apprentissage “sur le tas”, comme s’il suffisait d’aimer la mer pour embarquer.
En réalité, même si la passion joue un grand rôle, la pêche est un métier technique, qui nécessite des formations adéquates et repose sur des compétences précises.

Les métiers de la pêche n’exigent pas de prérequis académiques particuliers, mais il est indispensable de détenir les bons brevets maritimes pour exercer légalement et en sécurité.

Comment devient-on pêcheur ?

Il existe plusieurs voies d’accès aux métiers de la pêche.
Avant tout, il faut choisir entre deux parcours :

  • le parcours pont, qui forme à la conduite du navire, à la navigation et à la gestion des engins de pêche
  • le parcours machine, qui prépare aux fonctions liées à la mécanique navale et à la maintenance des moteurs et équipements.

Les métiers de la pêche sont accessibles en formation initiale, c’est-à-dire sans expérience préalable dans un autre domaine.

On peut ainsi débuter avec un CAP maritime, poursuivre avec un Bac Pro Métiers de la mer, se spécialiser grâce à un BTS, voire intégrer l’École Nationale Supérieure Maritime (ENSM) pour viser des postes de commandement ou d’encadrement.

Les formations maritimes sont complètes et professionnalisantes : elles alternent enseignement théorique, entraînement pratique et embarquements en mer, indispensables pour acquérir les bons réflexes.

Et quel que soit le niveau auquel on s’arrête, la formation continue professionnelle permet de progresser tout au long de sa carrière. Les marins peuvent ainsi suivre régulièrement des modules de perfectionnement, alternant périodes en centre de formation et temps de navigation, pour développer de nouvelles compétences ou évoluer vers d’autres fonctions.

L’un des atouts majeurs de la filière réside dans la possibilité d’évolution : chaque marin peut gravir les échelons selon son expérience, sa motivation et ses ambitions.

Peut-on se reconvertir au métier de pêcheur ?

Oui, et de plus en plus de personnes le font ! En moyenne, 55 % des nouveaux pêcheurs entrent dans la profession par la reconversion, dont la moitié ont plus de 30 ans.
C’est la preuve que le secteur maritime offre de vraies opportunités de réorientation, à condition d’être motivé et de bien se préparer.

Avant de se lancer, il est conseillé de vérifier que ce métier correspond à ses attentes et à ses capacités physiques.

Pour cela, plusieurs dispositifs permettent de découvrir la réalité du métier :

  • les Marées découvertes, qui offrent la possibilité d’embarquer à bord d’un navire de pêche pour vivre le quotidien de l’équipage ;
  • le Pescatourisme, une activité permettant de monter à bord comme passager pour observer le métier et le milieu marin ;
  • la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE), un dispositif de formation incluant des heures d’immersion à bord, idéal pour confirmer un projet de reconversion.

Pour se reconvertir, il faut suivre une formation aux métiers de marin pêcheur, souvent en commençant par le certificat de matelot de pont. Ce diplôme ne demande aucun prérequis scolaire, seulement une bonne condition physique et la réussite d’un examen d’aptitude médicale à la navigation. Par la suite, les nouveaux marins peuvent, comme tous les professionnels du secteur, évoluer via la formation continue pour accéder à d’autres fonctions ou responsabilités à bord.

2. Les pêcheurs ne gagnent pas bien leur vie

Cette idée reçue revient souvent, notamment lorsqu’on compare la pêche aux métiers de l’agriculture. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée : les pêcheurs professionnels bénéficient d’un système de rémunération spécifique.

Le minimum garanti

Comme dans la plupart des professions, un revenu minimum est garanti. Cette part fixe de la rémunération protège les marins lorsque les conditions de pêche sont moins favorables et leur assure une stabilité de revenu.

La rémunération à la part de pêche

Le mode de rémunération propre au secteur est la part de pêche : les résultats de la pêche sont partagés entre l’équipage et, lorsqu’il y en a un, l’armateur, selon une clé de répartition définie dans le contrat d’engagement maritime.

Ce système, basé sur la performance collective, renforce la solidarité entre les membres de l’équipage : plus la pêche est bonne, plus chacun est récompensé.

3. Les pêcheurs pêchent tout ce qu’ils veulent, sans contraintes

C’est une idée souvent relatée, notamment par méconnaissance du cadre réglementaire.

En réalité, la pêche est l’un des secteurs les plus strictement encadrés au niveau européen.

Un bateau de pêche n’est équipé que de certains types d’engins

Chaque navire de pêche n’est pas équipé de tous les engins existants : il dispose d’un ou de quelques types d’engins spécifiques (chalut, filets, casiers, lignes, etc.), choisis en fonction de la durée de la marée, de la zone de pêche et des espèces ciblées.

Ces paramètres déterminent directement quels poissons peuvent être capturés. On ne pêche pas le thon, la langoustine ou le bar avec les mêmes outils, ni dans les mêmes zones ni aux mêmes profondeurs.

Dans les faits, les pêcheurs sont très précis dans leurs pratiques. Ils s’appuient sur une large gamme d’outils électroniques (sondeurs, GPS, cartographie, etc.) et sur une connaissance fine du milieu marin, acquise au fil des années, pour identifier les zones où les espèces recherchées sont présentes et pêchables dans de bonnes conditions.

Les pêcheurs sont soumis à des règles strictes sur les quantités à pêcher

Les pêcheurs français sont soumis à un ensemble de règles strictes destinées à assurer une exploitation durable des ressources marines. Parmi elles, les quotas de pêche sont sans doute les plus connus, mais ils ne représentent en réalité que la partie émergée de l’iceberg d’un dispositif beaucoup plus large de mesures techniques et de gestion.

Les quotas de pêche sont fixés chaque année au niveau européen pour limiter la quantité de poissons pouvant être pêchés par espèce et par zone géographique. Ils s’appuient sur les avis scientifiques du CIEM et des instituts nationaux afin de garantir que les prélèvements ne dépassent pas la capacité de renouvellement naturel des stocks.

Concrètement, cela signifie que les pêcheurs sont encadrés à la fois sur les quantités et sur les espèces qu’ils peuvent capturer, mais aussi sur les zones, les périodes et les engins utilisés. Ils ne peuvent donc pas pêcher ce qu’ils veulent, où ils veulent, ni quand ils veulent.

Derrière chaque marée se trouve un cadre précis, défini collectivement au niveau européen, pour préserver l’équilibre entre activité économique et durabilité des ressources marines.

4. Les métiers de la pêche sont difficiles

Les métiers de la pêche sont souvent perçus comme dangereux et éprouvants.
Et il est vrai qu’ils exigent endurance, vigilance et savoir-faire : travailler en mer, souvent dans des conditions météo changeantes, reste une activité à risque.

Mais derrière cette image parfois rude, la réalité est plus nuancée. Le secteur a connu de nombreuses évolutions techniques et humaines qui ont considérablement amélioré la sécurité et le confort à bord.

Les avancées faites pour le confort à bord

Depuis plusieurs décennies, les navires de pêche ont fait de réels progrès en matière de confort et d’ergonomie.
Le niveau d’équipement varie bien sûr selon la taille du bateau – certains mesurent à peine quelques mètres, d’autres plus de 80 – mais dès une dizaine de mètres, les navires disposent souvent :

  • d’espaces de repos pour l’équipage,
  • de douches, d’un carré convivial,
  • et d’une cuisine aménagée pour les marées de plusieurs jours.

Les aménagements sont pensés selon la durée de la marée : les besoins diffèrent entre une sortie de quelques heures et une campagne de pêche de plusieurs jours.

Et parce que le confort passe aussi par le lien humain, la plupart des navires modernes sont désormais équipés d’une connexion Wi-Fi permettant aux marins de rester en contact avec leurs proches, même au large.

Comment réduire les accidents de pêche ?

Malgré ces progrès, la pêche demeure un métier à risque. Les accidents existent, mais ils sont de mieux en mieux prévenus et encadrés.

Les pêcheurs disposent aujourd’hui d’un large éventail d’équipements de protection individuelle (EPI) : vêtements à flottabilité intégrée, harnais, gants, dispositifs antichute…
Ces équipements sont désormais systématiquement utilisés et régulièrement contrôlés.

Les navires eux-mêmes ont également évolué pour réduire les risques : on peut citer le rehaussement des pavois (bord du navire) à un mètre, qui limite les chutes à la mer, ou encore l’amélioration des zones de manœuvre et des systèmes de treuillage.

La sécurité fait désormais partie intégrante de la formation et de la culture professionnelle de tous les marins-pêcheurs. Si les métiers de la pêche restent physiquement exigeants, ils ne sont plus ceux d’hier. Les innovations techniques, la prévention et les efforts constants de la profession ont permis de mieux protéger les marins, tout en rendant leur quotidien plus sûr et plus confortable.

5. Les métiers de la pêche sont monotones

L’image d’un marin répétant inlassablement les mêmes gestes jour après jour est loin de la réalité.

Les métiers de la pêche sont au contraire variés, dynamiques et en constante évolution.

Chaque sortie en mer est différente : les zones de pêche changent, les conditions météo varient, les espèces ciblées évoluent selon les saisons et les quotas disponibles.

Les différents postes à bord et possibilités d’évolution

À bord d’un navire de pêche, chaque poste est essentiel au bon déroulement des opérations.

Selon la taille du bateau et le type de pêche pratiquée, l’équipage est plus ou moins nombreux, mais l’organisation reste structurée autour de fonctions clairement identifiées :

  • Le matelot : c’est souvent le premier poste occupé. Il participe aux manœuvres, à la manipulation des engins de pêche, au tri et à la conservation des captures.
  • Le mécanicien : il assure le bon fonctionnement des moteurs, des treuils et des équipements techniques à bord.
  • Le second : bras droit du patron, il participe à la navigation et à la gestion du navire.
  • Le patron ou capitaine : il commande le navire, planifie les campagnes de pêche, prend les décisions de navigation et garantit la sécurité de l’équipage.

La progression professionnelle se fait naturellement à mesure que le marin acquiert de l’expérience et de nouvelles qualifications. Grâce à la formation continue, il peut gravir les échelons : d’abord matelot, puis patron, mécanicien chef, ou encore formateur ou cadre à terre.

Cette diversité de parcours fait de la pêche un secteur où l’on peut évoluer rapidement, à condition de curiosité, d’engagement et de rigueur.

Les différences d’un navire à l’autre

Tous les bateaux de pêche ne se ressemblent pas et c’est aussi ce qui fait la richesse du métier.
Le type de navire détermine à la fois les conditions de travail, le rythme des marées, et les espèces pêchées.

  • Sur un petit côtier, les sorties durent quelques heures. L’équipage est réduit, souvent un ou deux marins, et le travail est très polyvalent : navigation, pêche, tri, manutention.
  • Sur un navire hauturier, les marées peuvent durer plusieurs jours. Le confort à bord s’améliore, les rôles se spécialisent et la coopération devient essentielle.
  • Sur un navire équipé pour la grande pêche, les campagnes durent plusieurs semaines. L’équipage est nombreux, les équipements sont plus sophistiqués, et la vie à bord s’organise comme dans une petite communauté.

Chaque type de navire offre une expérience unique : certains pêcheurs privilégient la proximité des côtes et le retour quotidien à terre, d’autres préfèrent la vie au large et les longues traversées. La pêche, ce n’est pas un seul métier : c’est une multitude de pratiques et de vies de mer, adaptées à chacun.