Améliorer les connaissances halieutiques de la langouste rouge, via LANGOUSTE +

Langouste rouge ©CDPMEM 29

Langouste rouge – © CDPMEM 29

 

Vers la reconquête du stock de langouste rouge

La langouste rouge (Palinurus elephas) est une espèce emblématique de l’Ouest européen et de la Méditerranée. En Manche et en Atlantique, les débarquements de langouste rouge connaissent une diminution ininterrompue depuis près de 40 ans, du fait de la pression de pêche et d’une baisse de l’abondance, qui pourrait également être liée à des facteurs environnementaux.

Cette situation critique a poussé la profession à s’engager dans un plan de gestion. A l’initiative de la Commission « Crustacés » du CNPMEM et avec l’appui de l’Ifremer, plusieurs mesures ont été prises pour modérer la baisse du stock reproducteur : augmentation de la taille minimale de capture, fermeture de pêche annuelle à la période où les femelles sont grainées. Certains cantonnements de pêche (La Horaine, Chaussée de Sein) mis en place au niveau local par les Comités des pêches, constituent également des mesures de protection.

Les professionnels entendent poursuivre leurs efforts pour que ce stock retrouve un niveau de biomasse viable. Néanmoins des tentatives de gestion plus précises se heurtent à un important défaut de connaissance, tant au niveau scientifique (biologie, écologie, …) qu’au niveau de l’exploitation de ce stock (captures, zones de pêche).

L’amélioration des connaissances halieutiques via le programme LANGOUSTE +

En 2014, la Commission « Crustacés » du CNPMEM a jeté les bases d’un programme d’acquisition de connaissances relatives à la pêche et à la biologie du stock de langouste rouge en Manche / Atlantique, reposant sur la participation des pêcheurs professionnels à des opérations de marquage / recapture et d’auto-échantillonnage, ainsi que par le recueil de leurs connaissances empiriques.

Le programme LANGOUSTE + a ainsi vu le jour en 2015, grâce au concours financier de France Filière Pêche. Il est porté par le Comité des pêches du Finistère, en partenariat avec l’Ifremer et l’ensemble des Comités des pêches de la façade, ces derniers assurant ainsi un lien avec les professionnels. Il vise à couvrir la zone de répartition originelle du stock (des Roches Douvres jusqu’aux côtes aquitaines).

Des premiers résultats encourageants

Dans le courant de l’année 2015, le Comité des pêches du Finistère estime qu’entre 1300 et 1500 langoustes auront pu être marquées par la vingtaine de navires professionnels qui participent au programme sur toute la façade, de Morlaix jusqu’à Saint-Jean de Luz. Avec un taux de recapture d’environ 4 %, des premières données ont pu être acquises sur les migrations des langoustes, bien que davantage de recaptures seront nécessaires pour que l’Ifremer puisse établir un schéma migratoire.

S’agissant des auto-échantillonnages, environ 200 langoustes ont été mesurées sur la base du volontariat par les navires participants ; ces informations permettront d’alimenter les bases de données biologiques de l’Ifremer.

Il est à souligner le fort engouement des pêcheurs professionnels pour le programme, pour qui il est un moyen d’être acteur à part entière de l’amélioration des connaissances sur cette espèce à forte valeur patrimoniale et de contribuer ainsi à la dynamique de reconquête du stock. Participez au programme de marquage des langoustes !

D’autre part, ce programme présente également un intérêt majeur pour promouvoir le respect de la réglementation relative à la pêche de la langouste rouge en Manche-Atlantique auprès de l’ensemble des acteurs de la filière (pêcheurs, mais aussi mareyeurs, criées, etc.). Il y a en effet encore des efforts à faire pour que la prise de conscience sur l’état du stock et la nécessité de le protéger s’ancre dans l’esprit de chacun. Consultez le mémento sur la réglementation de la pêche de langouste rouge édité par le Comité des pêches du Finistère.

Le programme se poursuivra en 2016, France Filière Pêche ayant accepté de prolonger son financement sur une année supplémentaire.

A noter que le Comité des pêches du Finistère est également impliqué aux côtés du Parc naturel marin d’Iroise dans le suivi du cantonnement à langouste de la Chaussée de Sein, qui constitue en quelque sorte un « laboratoire » de la dynamique d’amélioration des connaissances et de protection du stock de langouste rouge.

Des premiers signes de rétablissement ?

Alors qu’on n’en voyait plus jusqu’alors, les pêcheurs professionnels et les plaisanciers (notamment les plongeurs) rapportent depuis un à deux ans des observations de toutes petites langoustes. S’agit-il d’un nouveau recrutement ? Y aurait-il un lien avec les mesures prises ces dernières années par les professionnels en vue de protéger le stock de reproducteurs ?

Ces derniers veulent y croire et ont toujours l’espoir d’inverser un jour la tendance. En ce sens, ils entendent fermement conforter leurs actions en vue de la reconquête du stock de langouste rouge.

 

Pour aller plus loin :

 

Avec le soutien financier de France Filière Pêche

FRANCE_FILIERE_PECHE

Mis à jour le 22 mars 2016