Panorama de la pêche

DISPOSE D’UN LITTORAL DE 5500 KM

la filière pêche – du navire au consommateur – est un secteur important tant au plan économique qu’en terme d’aménagement du territoire.

60

Ports de pêche

37

Halles à marée

12

OP

270

Entreprises de mareyage

LA PÊCHE EN MÉTROPOLE

La France métropolitaine dispose d’un littoral de 5500 km. Avec une soixantaine de ports de pêche, 37 halles à marée, 12 Organisations de Producteurs (OP), 278 entreprises de mareyage et de transformation des produits de la mer, la filière pêche – du navire au consommateur – est un secteur important tant au plan économique qu’en terme d’aménagement du territoire.

La flotte métropolitaine compte, en 2017, 4 417 navires. Elle représente la sixième flotte de l’Union européenne. Elle est composée majoritairement de bateaux de moins de 12 mètres. La pêche française se caractérise par sa grande diversité portant à la fois sur les moyens de production, les métiers, les zones de pêche et les marchés.

Quatre types de pêche sont pratiqués en France: « la grande pêche » qui concerne les grands navires dont les marées durent plus de 20 jours, « la pêche au large » qui concerne les navires dont les marées durent entre 4 et 20 jours, « la pêche côtière » qui s’applique pour les marées de 1 à 4 jours et « la petite pêche » pour les marées de moins de 24 heures.

La richesse de la pêche française réside dans sa diversité : du ligneur de 8 m pratiquant la pêche du bar dans le raz de Sein au thonier senneur congélateur de 85 m capturant le thon dans l’Océan Indien, sans oublier la pêche à pied professionnelle.

A la diversité des métiers correspond la diversité des zones de pêche qui s’étendent du long des côtes françaises, autour de l’Écosse et de l’Irlande, entre l’Islande et le Groenland, au large de l’Espagne, dans le golfe de Guinée jusque dans l’Océan Indien ou l’Antarctique.

Les zones les plus éloignées sont pratiquées par « la grande pêche », constituée par la pêche thonière, la pêche à la légine australe et la grande pêche chalutière surgélatrice. La flotte française de thoniers senneurs tropicaux est constituée de 17 unités qui capturent plus de 100 000 tonnes de thon (thon obèse, albacore et listao).

LA PÊCHE DANS LES DOM

Panorama de la pêche dans les DOM

Si la France revendique la place de puissance maritime du fait d’une surface maritime de près de 11 millions de km2, elle le fait légitimement et notamment via ses territoires d’outre-mer. On compte ainsi en 2017, 3 438 navires de pêche dans les DOM (contre 4 417 en métropole). En 2017, on pouvait recenser 3 031 marins pêcheurs embarqués (répartis comme suit : 384 marins en Guyane, 1 114 en Martinique, 1 190 en Guadeloupe et 343 à La Réunion).

L’organisation professionnelle dans les DOM

Le réseau des comités des pêches s’étend dans les départements d’outre-mer. Les comités régionaux des pêches de Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion (une réflexion est en cours sur Mayotte) sont aussi reconnus comme exerçant des missions de service public et pouvant remplir les fonctions d’un centre technique et industriel (CTI). A la différence des comités métropolitains, ils comprennent des représentants de l’aval (premiers acheteurs et transformateurs) et de la pêche de loisir (ces derniers ne disposent pas de voix délibérative au sein du conseil d’administration du comité).
Les missions de ces comités sont les mêmes que celles d’un Comité régional métropolitain avec en plus la capacité d’émettre des avis sur la règlementation relative à la pêche de loisir et d’exercer les missions d’un CTI.

La pêche à pied professionnelle

La pêche à pied professionnelle se définit comme l’activité «dont l’action, en vue de la vente des animaux marins pêchés, s’exerce sur le domaine public maritime ainsi que dans la partie des fleuves, rivières, étangs ou canaux où les eaux sont salées telle que délimitée par la réglementation en vigueur. L’action de pêche proprement dite s’exerce :
1° Sans que le pêcheur cesse d’avoir un appui au sol ;
2° Sans équipement respiratoire permettant de rester immergé ».

On dénombre environ 1300 pêcheurs à pied professionnels en France en 2016. Ce chiffre est à peu près stable depuis la reconnaissance officielle de cette profession, en 2001.

La pêche à pied professionnelle s’exerce sur l’ensemble du littoral métropolitain, de Dunkerque à Menton, aussi bien sur les milieux sableux que vaseux ou rocheux. Les principales espèces pêchées sont la coque, la palourde, la telline, les moules et les huîtres sur les façades Manche et Atlantique, et la telline en Méditerranée. D’autres espèces sont néanmoins capturées par les pêcheurs à pied professionnels : coquillages autres que ceux mentionnés précédemment, crustacés, poissons, mais également vers et végétaux marins.

Les principaux gisements sont ceux de la Baie de Somme et de la Baule pour les coques, le Golfe du Morbihan, la Baie de Bourgneuf et le  bassin d’Arcachon pour la palourde. Des régions recèlent des gisements plus modestes mais en plus grand nombre, à l’image de la Basse-Normandie, de la Bretagne ou du Poitou-Charentes.

La pêche à pied professionnelle peut être l’activité principale du pêcheur, ou une activité complémentaire de celle de la pêche embarquée ou de la conchyliculture par exemple.

Cette activité est dépendante d’une ressource fluctuante, soumise aux aléas environnementaux, aussi bien climatiques que sanitaires. Elle subit depuis 2012 une crise particulièrement importante du fait de mortalités constatées suite à des événements climatiques exceptionnels (fortes chaleurs estivales liées à des déficits de précipitations, ou au contraire très fortes pluviométries printanières).

Les espèces

L’anguille européenne

Nom scientifique :
Anguilla anguilla

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L’anguille européenne

Nom scientifique : Anguilla anguilla

Où la pêche-t-on ?

L’espèce est présente dans les eaux littorales, estuariennes et continentales d’Europe et des pays riverains de la Méditerranée. L’anguille est pêchée sur l’ensemble de son aire de répartition et à ses principaux stades de développement : la civelle ou pibale (stade alevin migrant), l’anguille jaune (stade immature sédentaire) et l’anguille argentée (stade sub-adulte migrant).

Comment la pêche-t-on en France ?

La civelle est pêchée au tamis dans les principaux estuaires du Golfe de Gascogne et de Manche durant l’hiver. L’anguille jaune est capturée au moyen de nasses et de verveux, essentiellement au printemps dans les grands fleuves et zones humides continentales, et jusqu’en automne dans les lagu nes méditerranéennes. La pêche de l’anguille argentée se pratique en automne et jusqu’en hiver au moyen de verveux assemblés en capétchades dans les lagunes méditerranéennes. Elle utilise aussi le guideau sur la Loire.

Comment est-elle gérée ?

La pêche professionnelle de l’anguille fait l’objet d’un encadrement très strict, associant un système de licence, des périodes et zones de pêche, un nombre limité d’engins de pêche par pêcheur, …, et, pour la civelle, des quotas de capture fixés par zone ainsi qu’un dispositif complet de traçabilité des productions. La pêche professionnelle de la civelle est interdite en Méditerranée et dans les cours d’eau s’y déversant, et celle de l’anguille argentée se limite au seul bassin de la Loire et aux lagunes et étangs méditerranéens. Et bien d’autres limitations existent encore.

Le bar commun

Nom scientifique :
Dicentrarchus labrax

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Le bar commun

Nom scientifique : Dicentrarchus labrax

Où la pêche-t-on ?

Espèce largement répartie à travers l’Atlantique Nord-Est, les populations de bar commun du Golfe de Gascogne, de la zone Manche-Mer celtique-Mer du Nord et de Méditerranée font l’objet d’une exploitation par pêche.

Comment la pêche-t-on en France ?

Sauf contraintes réglementaires spécifiques appliquées à la pêche sur la zone Manche-Mer du Nord, la pêche professionnelle du bar est pratiquée toute l’année au moyen de filets, de lignes et de palangres, essentiellement dans la bande côtière. L’espèce fait également l’objet de pêches saisonnières pratiquées au large, essentiellement en période hivernale, au moyen de chalut pélagique, de chalut de fond et de bolinche. Le bar commun constitue par ailleurs l’une des cibles les plus recherchées par la pêche récréative française.

Comment est-elle gérée ?

Dans le Golfe de Gascogne et en zone Manche-Mer du Nord, l’activité professionnelle fait l’objet d’un encadrement très strict, reposant sur des mesures de portée et d’intensité différentes selon la zone (en cohérence avec l’état et les tendances des populations présentes), la période et/ou le métier considéré : droits de pêche contingentés, interdictions ou limitations des captures, taille minimale de conservation des bars, sélectivité des engins de pêche, etc. S’y ajoutent un important dispositif de contrôle. Les mesures de gestion applicables par la pêche professionnelle française en 2018 sont présentées ici. Afin d’améliorer les connaissances de la biologie et de la dynamique des populations de bar, et permettre d’éclairer les processus d’évaluation et de gestion des stocks de l’espèce, la profession française est partenaire et actrice de plusieurs programmes scientifiques, tel que le programme Bargip.

La coquille Saint-Jacques

Nom scientifique :
Pecten maximus

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La coquille Saint-Jacques

Nom scientifique : Pecten maximus

Où la pêche-t-on ?

Espèce vivant en gisement sur des fonds marins sablo-vaseux, on trouve ce mollusque bivalve en Atlantique Nord-Est, du Nord de l’Espagne à la Norvège, ainsi qu’en Manche et en Mer du Nord. Sur les côtes métropolitaines, les principaux gisements sont : Baie de Seine, Baie de Saint-Brieuc, Rade de Brest, Quiberon, Pertuis charentais.

Comment la pêche-t-on en France ?

700 navires français pêchent cette espèce le long du littoral Manche-Atlantique, et notamment sur les deux principaux gisements : celui de la baie de Saint-Brieuc (environ 250 navires) et en baie de Seine (environ 200 navires). L’engin utilisé est la drague, munie de dents, montées à la base inférieure de l’armature métallique, ce qui permet de « fouiller » le sédiment. Elle est également pêchée en plongée sur certains sites bretons.

Comment est-elle gérée ?

La pêche de la coquille Saint Jacques est encadrée à la fois aux niveaux communautaire, national et régional. Parmi les différentes mesures de gestion figurent : la période d’ouverture de la pêche (allant du 1er octobre au 14 mai au niveau national, afin de protéger les femelles qui se reproduisent et les jeunes coquilles qui assurent leur croissance, cette période d’ouverture est restreinte localement sur les gisements classés, ainsi que des jours ou heures de pêche), la taille minimale (10,2, 10,5 ou 11 cm selon la zone), des quantités maximales de débarquement, les licences contingentées, le nombre et les caractéristiques des engins.

La langoustine

Nom scientifique :
Nephrops norvegicus

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La langoustine

Nom scientifique : Nephrops norvegicus

Où la pêche-t-on ?

La langoustine est principalement pêchée dans les vasières du golfe de Gascogne, ainsi qu’en Mer Celtique.

Comment la pêche-t-on en France ?

Elle est pêchée au chalut de fond en grande majorité, dans une moindre mesure au casier. Elle est disponible toute l’année, avec un pic au printemps-été.

Comment est-elle gérée ?

La pêche de la langoustine est encadrée par un quota, une autorisation administrative, une taille minimale, un maillage minimal des engins de pêche et l’utilisation de dispositifs sélectifs permettant l’échappement des langoustines et poissons de petite taille.

Le tourteau

Nom scientifique :
Cancer pagurus

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Le tourteau

Nom scientifique : Cancer pagurus

Où la pêche-t-on ?

Espèce vivant sur le fond, on la pêche dans les zones côtières et du large en Manche et dans le golfe de Gascogne, ainsi qu’en Mer d’Irlande.

Comment la pêche-t-on en France ?

Ciblée au casier en grande majorité, cette espèce constitue également une prise accessoire au filet calé et au chalut. Elle est disponible toute l’année, avec un pic à l’été et l’automne.

Comment est-elle gérée ?

La pêche du tourteau est encadrée par une limitation de nombre de jours de mer et de puissance des navires, une autorisation professionnelle contingentée, une taille minimale, une limitation du nombre de casiers et l’interdiction du « casier-piège » dans certaines zones.

Source :

Pour les données “navires” : données issues des synthèses par région du SIH d’Ifremer en 2017 (Atlantique et Manche) ou 2016 (Méditerranée et DOM).
Pour les données “emploi” : données issues du rapport de l’observatoire des métiers et des qualifications à la pêche pour l’année 2017. Sont décomptés tous les marins pêcheurs ayant navigué au moins un jour dans l’année, sur des navires armés en CPP, PP, PC, PL et GP et des données issues des synthèses par région du SIH d’Ifremer en 2017 pour les DOM.
Pour les données de production (tonnage et valeur) : données issues des chiffres-clés de FranceAgriMer de 2018 avec les chiffres de 2017.