Les pêcheurs français s’opposent à la proposition de la Commission européenne de réduire la pêche en Méditerranée en 2021

Les pêcheurs français s’opposent à la proposition de la Commission européenne de réduire la pêche en Méditerranée en 2021

 

En amont du Conseil « Agriculture et Pêche » des 15 et 16 décembre, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) appelle les Ministres des 27 Etats membres à rejeter la proposition de la Commission de réduire de 16,5% les quotas de pêche des chalutiers de Méditerranée occidentale pour 2021.

Une telle réduction de l’effort de pêche sur une seule année aurait des conséquences irrémédiables et immédiates sur un secteur déjà profondément fragilisé par la crise de la COVID-19. L’ensemble du secteur craint un effondrement soudain et définitif de la flottille chalutière française représentant plus de 80% des apports des criées de Méditerranée française, avec un sérieux impact sur l’ensemble de la filière aval, incluant les criées, coopératives, mareyeurs, grossistes, et poissonniers.

Une telle mesure ne rendrait pas justice aux efforts significatifs fournis par la flotte française dans la mise en œuvre du plan européen de gestion pluriannuelle pour les pêcheries démersales en Méditerranée occidentale adopté en 2019. En plus des fermetures de zones de pêche, les professionnels ont également accepté de réduire de 10% leur effort de pêche – comme décidé lors du Conseil « Agriculture et Pêche » de décembre 2019.

Le CNPMEM appelle aujourd’hui les ministres à privilégier une reconduction des niveaux d’effort de pêche pour 2021 et envisager pour 2022 une réduction progressive de ce quota, suivant les objectifs du plan de gestion pluriannuel en Méditerranée occidentale (i.e. 30% maximum de réduction répartis entre 2021 et 2024). Une telle approche permettrait d’atteindre les objectifs en matière de gestion durable de la ressource tout en garantissant la viabilité du secteur.

Gérard Romiti, Président du CNPMEM, a déclaré : « Les pêcheurs français opérant en Méditerranée sont conscients de l’importance de gérer durablement la ressource, et ainsi permettre la pérennité de leurs activités. Aujourd’hui, les mesures radicales présentées par la Commission porteraient un coup fatal à la flotte française déjà très fragilisée par la crise actuelle. De nombreuses entreprises de pêche n’auraient d’autre issue que de mettre la clé sous la porte, entrainant la fermeture des criées et un effondrement irréversible de la filière. Une telle proposition de réduction des quotas contribuerait enfin à une défiance au sein de la flotte vis-à-vis des décisions prises à Bruxelles. »

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Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) est un organisme professionnel de droit privé chargé de missions de service public. Regroupant l’ensemble des pêcheurs professionnels et aquaculteurs marins, il représente et assure la défense de leurs intérêts généraux auprès des pouvoirs publics nationaux et communautaires. Il participe à la gestion des ressources halieutiques dans le cadre d’une pêche responsable et d’un développement durable.

Paris, le 14 décembre 2020

Contact :
Jean-Luc Hall : 07 61 86 26 17 – jlhall@comite-peches.fr