LICADO : un nouveau programme pour limiter les captures accidentelles de dauphins

LICADO : un nouveau programme pour limiter les captures accidentelles de dauphins

Porté par le comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), le projet Licado pour « Limitation des captures accidentelles de dauphins communs dans le Golfe de Gascogne : test d’efficacité » a démarré le 1er juin 2019. D’une durée de trois ans, il associe l’Ifremer, l’observatoire Pélagis (UMS 3462 – Université de la Rochelle-CNRS), l’Organisation de producteurs Les Pêcheurs de Bretagne, l’Association du grand littoral Atlantique (AGLIA) et la société SAS OCTech.

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une part des expérimentations et réflexions menées depuis le début des années 2000 et plus récemment au sein du GT Captures accidentelles mis en œuvre par les Ministères en charge de la pêche et de l’écologie, et d’autre part, de manière très concrète, par la mise en œuvre pour les chalutiers pélagiques de pingers, dont l’efficacité a été démontrée, et d’un effort d’observation conséquent.

Déjà des solutions efficaces pour les chaluts pélagiques…

Le projet Licado visera à perfectionner les répulsifs acoustiques pour le chalut pélagique déjà mis en œuvre par cette flottille. L’objectif est la mise au point d’un répulsif acoustique directif, plus fiable en termes d’autonomie et doté de nouvelles fonctionnalités. Grâce à un hydrophone, cet outil pourra détecter les dauphins présents près de la zone en pêche, et ainsi permettre de mesurer son efficacité durant les phases de tests en mer. Il émettra alors des sons répulsifs pour les maintenir à distance. Ce fonctionnement en interaction avec l’environnement permettra de limiter non seulement la « pollution » acoustique mais aussi l’accoutumance potentielle des dauphins à ces sons.

L’objectif est d’améliorer encore l’efficacité du dispositif afin de réduire le plus possible le nombre de prises accidentelles de dauphins communs par les chaluts pélagiques.

…Des solutions à trouver pour les filets (arts dormants)

Peu d’études ont en revanche porté sur les engins utilisés par les fileyeurs. Ces engins passifs, contrairement au chalut qui est en mouvement, interagissent différemment avec l’espèce. Le projet Licado vise donc à adapter les moyens d’éloignement des dauphins communs pour chaque type d’engin de pêche.

Le projet Licado comporte pour le filet le développement et le test de deux solutions innovantes :

1) des répulsifs acoustiques utilisés dans un premier temps uniquement lors de la phase de déploiement du filet (à partir du navire) puis lorsque les filets sont calés (fixés en bout de filet, ils ne se déclencheraient qu’en présence de dauphins),

2) des réflecteurs acoustiques qui aideront les dauphins à « écholocaliser » les filets. L’une des hypothèses est en effet que les dauphins n’arrivent pas à détecter la présence des filets avec leur système d’écholocation. Ces deux dispositifs devront être ergonomiques et utilisables tout au long du temps de pêche.

Après des essais en bassin, une première étude en mer sera effectuée à l’automne 2019, pour tester les réactions des bancs de dauphins communs dans le Golfe de Gascogne à l’approche de ces répulsifs acoustiques. Par la suite, lors de trois saisons (de janvier à avril 2020-2021-2022) les répulsifs seront éprouvés en conditions réelles de pêche, pour le chalut pélagique et pour le filet. Des observateurs seront également à bord des bateaux de pêche.

Innover sur les stratégies de pêche

En parallèle, le projet mènera une réflexion sur les stratégies d’évitement et les bonnes pratiques mises en œuvre par les professionnels, afin de recenser les modalités de pêche innovantes qui pourraient être mises en place dans le Golfe de Gascogne, en fonction de l’action de pêche.

Les professionnels de la pêche seront sollicités à plusieurs étapes du projet :

  • Confronter, par des expérimentations en mer, l’utilisation des dispositifs technologiques développés aux contraintes et aux conditions réelles de terrain
  • Des enquêtes seront également menées pour recenser :
  • les conditions d’interactions menant à des captures accidentelles selon les engins/métiers concernés, la saison, le moment (virage, filage, jour/nuit),
  • les stratégies d’évitement et de bonnes pratiques mises en œuvre par les pêcheurs afin de limiter les interactions avec les dauphins communs.

Professionnels, scientifiques et industriels continueront donc à être mobilisés dans les trois prochaines années pour mieux comprendre le phénomène de captures accidentelles, et le réduire le plus possible.

Paris, le 13 juin 2019

Contact :
Perrine DUCLOY, chargée de mission au CNPMEM, coordinatrice du projet LICADO
Tel : 01 72 71 18 00

Vous trouverez la version PDF de ce communiqué de presse ici